jeudi 19 avril 2018

Les retournants

Auteur : Michel Moatti
Editions : HC Editions (22 mars 2018)
Nbre de pages : 269


Présentation de l'éditeur :
Août 1918, deux soldats décident de fuir le front.
Sur le front de la Somme, la guerre n'en finit plus de finir. Vasseur et Jansen, deux lieutenants français terrorisés par l'imminence d'une dernière grande offensive qu'on annonce terriblement meurtrière, décident de fuir le front. Les voilà déserteurs, et bientôt, pour préserver leur retraite, assassins. 
Sous de fausses identités, ils trouvent refuge à l'Arrière, dans une étrange propriété forestière, à l'abri de la guerre et du monde. Là vivent un vieil industriel anobli désormais ruiné par la suspension des activités économiques, et sa fille Mathilde, poitrinaire et somnambule. 
Mais François Delestre, dit " le Chien de sang ", un capitaine de gendarmerie, traqueur de déserteurs, est déjà sur leur piste. Comme les limiers de chasse au flair infaillible, il a la réputation de ne jamais lâcher sa proie...


Mon avis :

J'attendais le dernier Michel Moatti comme on attend le Messie : avec impatience. J'ai adoré tous ses romans précédents et j'étais hyper curieuse de découvrir Les retournants, d'autant que cela se déroule à la fin de la Première Guerre Mondiale. Férue d'Histoire, ce titre ne pouvait que me plaire...

Malheureusement, et très rapidement puis le roman est court, je me suis rendue compte que l'auteur n'allait pas me donner ce que j'avais envisagé en lisant la présentation de l'éditeur à savoir une traque implacable qui me mettrait sur les dents, tout comme les soldats en fuite.

J'ai trouvé ce titre totalement différent de ce que fait Michel Moatti et cela m'a déconcertée. Je n'arrivais pas à retrouver ce qui m'avait tant plu dans ses autres ouvrages : une enquête passionnante et des personnages détestables ou attachants.

Ici, le rythme est plutôt lent et les personnages sont assez bizarres.

Bien sûr, on va suivre Vasseur et Jansen avant, pendant et après leur désertion, tout comme ce gendarme traqueur que l'on surnomme "le chien de sang".

Mais j'attendais vraiment beaucoup plus de stress et de pression durant ma lecture.

Si certaines scènes mettent effectivement le lecteur en haleine avec un peu de montée d'adrénaline, surtout lorsque l'on se retrouve avec Vasseur qui est le personnage qui va le plus évoluer durant l'ouvrage, le soufflet retombe aussi assez vite.

Je me suis retrouvée, durant quelques passages, dans une certaine langueur qui me faisait piquer du nez. Je n'arrivais pas à m'intéresser suffisamment à l'ensemble de l'intrigue alors même qu'il y avait matière à faire quelque chose de très bon, de très prenant.

Je n'ai pas réussi à m'attacher aux uns et aux autres, pas même à cette famille chez laquelle Vasseur et Jansen vont passer du temps pendant leur fuite.

En fait, j'ai trouvé l'ensemble très étrange avec une atmosphère semi-pesante. Suffisamment pour que l'on ressente un peu d'oppression par moment mais pas assez pour en faire le livre exceptionnel que j'attendais.

Si l'ensemble ne m'a pas convaincue, j'avoue néanmoins que j'ai adoré la plume de l'auteur dont je ne me lasse pas. Michel Moatti est un écrivain que j'apprécie beaucoup par cette écriture qui vous emporte à l'époque où l'intrigue se déroule. C'est un excellent conteur que je n'arrêterai pas de lire malgré la déception que j'ai ressenti en fermant ce roman là.

Les retournants n'a donc pas été l'histoire tant attendue parce que les personnages ne m'ont pas vraiment convaincue, si ce n'est de leur folie et d'une époque tortueuse où l'on se perd facilement, et étaient trop étranges pour que je m'y attache vraiment. Je suis déçue de ne pas avoir ressenti les mêmes choses qu'avec ses titres précédents mais je ne regrette pas de l'avoir découvert.

lundi 16 avril 2018

Si c'est pour l'éternité

Auteur : Tommy Wallach
Editions : Nathan (février 2018)
Nbre de pages : 314


Présentation de l'éditeur :
Enchanté. Moi, c'est Parker.
J'ai 17 ans, je suis moyennement mignon et j'aime sécher les cours pour traîner dans les halls des hôtels chics de San Francisco. J'en profite pour perfectionner mes techniques de pickpocket. 
Ah et je n'ai pas prononcé un mot depuis la mort de mon père, il y a 5 ans. 
Voilà, vous savez (presque) tout. 
Mais laissez-moi vous raconter l'évènement le plus marquant de ma vie : ma rencontre avec Zelda Toth et ce jour où j'ai décidé de tout faire pour lui redonner le goût à la vie.


Mon avis :

Le pitch me tentait pas mal et même si je ne l'avais pas sollicité, je me suis dit qu'il valait peut-être le coup d'être découvert. Que ce serait dommage de passer à côté...

Bon, ben encore une fois, c'est un coup à côté parce que je n'ai pas adhéré ni à l'histoire ni à l'écriture de l'auteur et cela commence à faire un peu beaucoup ces temps-ci...

Lorsque Parker rencontre pour la première fois Zelda, il est assis sur le banc d'un grand hôtel dont il espère pouvoir effectuer quelques menus larcins. Zelda, elle, est à une table et sort une liasse de billets pour pouvoir payer son repas. Ni une ni deux, Parker décide de voler cet argent lorsqu'elle quitte sa table en laissant son sac ouvert sur le divan... Mais lorsqu'il part avec cette somme, Parker a un petit remord et se retourne. Il voit alors Zelda penchée sur le carnet d'écriture qu'il a oublié de récupérer avant de procéder à son vol...

Voilà le point de départ de cette rencontre qui va amener ces deux personnages dans une petite aventure qui va durer le temps d'un week-end. Cette liasse de billets va être l'élément qui va permettre à nos deux acolytes d'apprendre à se connaître.

Zelda n'a qu'une envie : se donner la mort en sautant du Golden Gate Bridge après avoir dépensé les 5000 $ qu'elle a en liquide. Et Parker, depuis la mort de son père, ne parle plus et est en perdition totale, ne souhaitant rien faire de sa vie d'adolescent.

Zelda va tout faire pour que Parker s'inscrive à l'université et continue ses études dans le domaine de l'écriture et Parker va tenter de faire changer d'avis Zelda sur son prochain suicide.

Si le fond du roman était plutôt bien trouvé et semblait intéressant, je n'ai jamais réussi à entrer dedans. J'ai été de suite "traumatisée" par l'écriture et la vulgarité employée dès le départ dans ce roman.

Je pars du principe que pour user de mots grossiers, il faut que le contexte s'y prête. Or, ce n'était pas forcément le cas avec ce livre là. J'estime que l'on est largement agressé dans la vie de tous les jours sans qu'on le soit aussi dans des livres destinés à la jeunesse.

J'ai bien compris que Parker avait une certaine rage mais, je ne sais pas, je n'ai pas adhéré à sa façon de parler et cela m'a poursuivi tout au long de ma lecture.

S'agissant de Zelda, je l'ai bien aimée au départ et j'avais envie de savoir pourquoi elle voulait en finir avec sa vie. Lorsque le couperet tombe et que le lecteur apprend la vérité sur elle, j'ai été sidérée !

Euh... je me suis demandée si c'était un jeunesse contemporain ou si on était dans un fantastique ?! J'ai fait des yeux de merlan frit tant je tombais des nues.

De plus, cette fameuse liasse de billets me semblait éternelle vu les prix exorbitants que Parker et Zelda dépensent. A coup de 700 ou 900$, cela aurait dû vite s'épuiser mais non. Ils continuent à dépenser à outrance...

Pas mal de détails ont fait que j'ai totalement décroché parce qu'il n'y avait plus du tout de crédibilité sur l'ensemble.

Alors oui, Zelda va quand même aider notre pauvre Parker et on va voir les choses évoluer mais cela n'a pas suffi à m'accrocher vraiment et j'ai fini ce roman avec un gros souffle de dépit et de soulagement parce que j'allais pouvoir passer à autre chose.

Du coup, je ne sais pas si je lirai l'autre roman de l'auteur que j'ai dans ma PAL, Si c'est la fin du monde, que j'ai d'ailleurs en VF et en VO. Les avis ne sont pas exceptionnels et j'en ai un peu marre des romans jeunesse qui me blasent au final. Donc... ce sera sans moi pour cet autre titre. Quant à celui là, je n'ai pas accroché et je ne peux même pas dire qu'il m'a fait passer un bon moment parce que, globalement, je me suis ennuyée. Ce fut un fiasco auquel je ne m'attendais pas.

jeudi 12 avril 2018

Les secrets

Auteure : Amélie Antoine
Editions : Michel Lafon (Mars 2018)
Nbre de pages : 391


Présentation de l'éditeur :
Et si le mensonge était, parfois, une ultime preuve d'amour ? 

Vous l'aimez plus que tout au monde. Vous lui faites aveuglément confiance. Vous ne rêvez que d'une chose : fonder une famille ensemble. Mais rien ne se passe comme prévu. 
Jusqu'où iriez-vous pour éviter de tout perdre ? 

Une histoire racontée à rebours, car il n'y a qu'en démêlant les fils du passé que l'on peut comprendre le présent.


Mon avis :

A ce qu'il paraît, la curiosité est un vilain défaut. Mais, parfois, cette même curiosité peut nous permettre de faire de belles découvertes et on se dit que ce serait grandement dommage de passer à côté d'une éventuelle pépite.

Doooooonc, j'ai postulé pour obtenir le dernier Amélie Antoine qui avait la particularité de commencer par la fin.

C'est aussi ce changement de pagination et de chapitrage qui m'avait plu et j'étais, là encore, curieuse de voir ce que cela allait donner et si j'allais adhérer à cette nouvelle façon de construire un roman...

* Je sifflote... *

Bon... euh...

Ca ne l'a pas fait pour moi. Mouais... je suis sortie déçue de cette lecture qui avait une thématique très forte et très intéressante puisque l'on va toucher au problème de l'infertilité dans le couple.

On sait dès le chapitre 20 qui en fait le 1er que Mathilde et Adrien tentent depuis des années d'avoir un enfant. Chaque fois, lorsque le cycle menstruel revient, c'est la déception, la grosse déception et puis arrive les questionnements...

J'ai beaucoup aimé suivre ce couple dans les premiers chapitres, n'essayant pas de me mettre à la place de Mathilde parce que je suis maman de deux grands enfants. Mais je pouvais la comprendre dans son désir de porter la vie, de sentir bouger ce petit être dans ses entrailles.

Je me suis alors très vite attachée à eux et puis...

Les chapitres se succèdent et on en apprend de plus en plus sur ce couple mais surtout sur Mathilde et son obsession d'enfanter qui ne date pas d'hier.

On découvre aussi un autre personnage tout aussi important que le couple que nous suivons et qui m'a fait me poser beaucoup de questions.

Mais, malheureusement, plus j'avançais dans le roman et plus je commençais à le trouver long parce que finalement cette façon de commencer par la fin n'a pas été une bonne idée pour la lectrice que je suis.

Il me fallait me rappeler que les chapitres qui suivaient les précédents se déroulaient antérieurement et non pas postérieurement.

Pfiou c'est hard à expliquer et j'espère que je n'ai perdu personne...

S'ajoute à cela pas mal de redondances sur l'état psychologique de Mathilde qui ne supporte pas, bien sûr, de voir des femmes enceintes ou d'entendre parler bébé...

Par ailleurs, s'agissant de ce fameux 3ème personnage, je n'ai pas réussi à l'apprécier et j'ai trouvé les chapitres le concernant encore plus longs que ceux sur Mathilde et Adrien.

D'ailleurs, ce mari m'a fait de la peine face à son épouse qui se retranche dans son mal-être mais qui ne veut pas que cet obstacle gâche son couple et le mette en péril.

Et là, encore une fois, j'ai zappé certains passages pour aller à l'essentiel et arriver plus rapidement à la fin. Seul l'épilogue m'a plu et m'a touchée, un peu.

Le problème avec ce genre de chapitrage c'est que je reste sur ma faim quand à l'après du fameux chapitre 20 qui nous donne le départ mais c'est tout. Parce que bien sûr on va savoir ou en tout cas trouver peut-être une cause au problème de l'infertilité dans le couple mais par la suite, il se passe quoi ?

Je n'aime pas les romans qui se terminent de cette façon, même lorsque la pagination est classique et cette interrogation ne m'a pas lâchée durant toute ma lecture.

Je n'ai malheureusement pas vraiment adhéré à cet opus parce qu'il reste trop de choses en suspens, que les personnages qui gravitent autour de ce couple ne m'ont fait ni chaud ni froid (à l'exception de Catherine, la mère de Mathilde, que j'ai détestée dès le départ) et les humeurs de Mathilde sont trop redondantes.

C'est dommage parce qu'il y avait matière à faire un magnifique roman sur un sujet délicat. J'en sors déçue mais je crois que je suis dans une passe où j'ai bien du mal à trouver LE roman qui me convient...

mercredi 11 avril 2018

Au premier chant du merle

Auteure : Linda Olsson
Editions : L'Archipel (février 2016)
Nbre de pages : 251


Présentation de l'éditeur :
Déception sentimentale ? Lassitude de vivre ? Élisabeth Blom s’est retirée du monde. Sitôt installée dans sa résidence de Stockholm, elle a débranché la sonnette et fermé sa porte à double tour. Porte à laquelle Elias, son voisin, se décide un jour à frapper, pour lui remettre son courrier. Car lui aussi s’appelle Blom… Cet incident sortira-t-il Élisabeth de sa pénombre ? Ou faudra-t-il attendre un drame – et l’intervention inattendue d’Otto, libraire à la retraite – pour faire entrer la lumière dans son appartement ? Au seuil de l’été nordique, le chant du merle annonce les beaux jours. C’est le thème, vibrant, de la partition nouée par Linda Olsson pour ces trois solitudes. Éloge du premier pas, ce récit d’une rééducation sentimentale est aussi une invitation au voyage nommé lecture.

Mon avis :

Après avoir découvert en 2014, L'enfant au bout de la plage, de cette auteure, j'étais ravie de découvrir ce titre qui est désormais disponible en format poche aux Editions Pocket, depuis février dernier.

Autant je me rappelle de ma lecture du précédent opus, autant je sais que ce titre là ne me restera pas en mémoire si ce n'est la lassitude que j'ai ressentie pendant ma lecture.

Je n'ai pas du tout accroché aux personnages ni à leurs malheurs, envies, espoirs...

Le personnage d'Elisabeth m'a épuisée, surtout au début, par sa nonchalance. Je n'ai jamais eu de personnage comme elle dans mes lectures et autant vous dire que c'est compliqué de la suivre lorsque l'on est une personne plutôt dynamique.

Les trois personnages que l'on va suivre (Elisabeth, Elias et Otto) vont bien sûr se lier au fur et à mesure que l'on va progresser mais j'ai cherché le pourquoi du comment de l'intrigue durant toute ma lecture.

Le but était bien sûr que les uns et les autres reprennent goût à la vie mais franchement je me suis ennuyée au point que par moment, je pointais le nez... vers le bas...

Je n'ai pas accroché à l'écriture cette fois-ci qui m'a laissée de marbre.

En bref, Au premier chant du merle a été une déception alors que je ne m'y attendais pas du tout. Pour moi, son précédent titre est bien meilleur et à vous en conseiller un, je vous dirai de lire "L'enfant au bout de la plage" plutôt que celui-ci.

La seule satisfaction que j'ai, c'est de l'avoir sortie de ma PAL printanière et ce n'est déjà pas si mal ! 


mardi 10 avril 2018

Underground railroad

Auteur : Colson Whitehead
Editions : Albin Michel (2017)
Nbre de pages : 397


Présentation de l'éditeur :
Cora, seize ans, est esclave sur une plantation de coton dans la Géorgie d'avant la guerre de Sécession. Abandonnée par sa mère lorsqu'elle était enfant, elle survit tant bien que mal à la violence de sa condition. Lorsque Caesar, un esclave récemment arrivé de Virginie, lui propose de s'enfuir, elle accepte et tente, au péril de sa vie, de gagner avec lui les Etats libres du Nord. De la Caroline du Sud à l'Indiana en passant par le Tennessee, Cora va vivre une incroyable odyssée. Traquée comme une bête par un impitoyable chasseur d'esclaves qui l'oblige à fuir, sans cesse, le " misérable coeur palpitant " des villes, elle fera tout pour conquérir sa liberté. L'une des prouesses de Colson Whitehead est de matérialiser l'" Underground Railroad ", le célèbre réseau clandestin d'aide aux esclaves en fuite qui devient ici une véritable voie ferrée souterraine, pour explorer, avec une originalité et une maîtrise époustouflantes, les fondements et la mécanique du racisme. A la fois récit d'un combat poignant et réflexion saisissante sur la lecture de l'Histoire, ce roman, couronné par le prix Pulitzer, est une oeuvre politique aujourd'hui plus que jamais nécessaire.


Mon avis :

Après les avis élogieux que j'avais pu lire sur cet ouvrage, j'avais très envie de me faire mon avis dessus. Du coup, je l'ai emprunté à ma médiathèque et j'ai pu le découvrir mais...

Il ne m'a pas du tout accrochée comme je l'aurais souhaité alors que la thématique fait partie de celles que j'aime le plus en littérature.

Je suis une férue de l'histoire américaine. Vous pouvez donc imaginer ma déception lorsque je me suis rendue compte que Underground railroad ne m'apportait pas ce que j'en attendais.

Je n'ai pas trouvé l'écriture si fluide que ça. La façon dont l'auteur organise son récit m'a perdue par moment.

Je me suis demandée pourquoi il n'y allait pas chronologiquement au lieu de faire des allers-retours incessants.

De plus, certains passages m'intéressaient mais étaient finalement occultés par Colson Whitehead (je parle notamment du passage se déroulant je-ne-sais-plus-où puisque je n'ai plus le livre avec moi et concernant Caesar. J'aurais aimé que l'auteur me fasse vivre ce qui se déroulait dans l'usine... Or, cela n'a pas été le cas...).

Du coup, j'ai fait une lecture en diagonale, passé la moitié du livre. Quant à la dernière partie concernant la mère de Cora, je me suis dit, là encore, que l'auteur aurait pu nous délivrer tout ça au début et non à la fin.

Alors certes, on voit les difficultés des esclaves pour tenter de rejoindre le Nord pour être libres, tout comme ce chemin de fer clandestin qui leur est destiné.

Mais dans l'ensemble, je n'ai pas trouvé que c'était exploité comme il l'aurait fallu pour m'accrocher à ce roman et à ses personnages pour lesquels je n'ai absolument rien ressenti.

En bref, Underground railroad a été une très grosse déception et, encore aujourd'hui, je ne m'en remets pas...


lundi 9 avril 2018

Boréal

Auteure : Sonja Delzongle
Editions : Denoel (mars 2018)
Nbre de pages : 440


Présentation de l'éditeur :
Janvier 2017, au Groenland. Là, dans le sol gelé, un oeil énorme, globuleux, fixe le ciel. On peut y lire une peur intense. C'est ainsi que huit scientifiques partis en mission de reconnaissance découvrent avec stupeur un boeuf musqué pris dans la glace. Puis un autre, et encore un autre. Autour d'eux, aussi loin que portent leurs lampes frontales, des centaines de cadavres sont prisonniers du permafrost devenu un immense cimetière. Pour comprendre l'origine de cette hécatombe, le chef de la mission fait appel à Luv Svendsen, spécialiste de ces phénomènes. Empêtrée dans une vie privée compliquée, et assez soulagée de pouvoir s'immerger dans le travail, Luv s'envole vers le Groenland. Ils sont maintenant neuf hommes et femmes, isolés dans la nuit polaire. Le lendemain a lieu la première disparition.


Mon avis :

Voilà mon premier Sonja Delzongle enfin lu. Et c'est un one-shot, s'il vous plaît !

Je voulais découvrir cette auteure depuis maintenant plusieurs mois, sauf que je ne souhaitais pas démarrer avec sa série. Un one-shot c'était pour moi l'idéal.

Si globalement le roman est bien fourni et intéressant à suivre sur plusieurs points, j'ai aussi trouvé qu'il était lent à vraiment démarrer.

En effet, on nous fait miroiter dans la présentation que des scientifiques vont trouver un cimetière de boeufs musqués et que pour comprendre l'origine de cette hécatombe, ils font faire appel à Luv Svendsen.

Si vous envisagez de lire ce titre de Sonja Delzongle, sachez que l'arrivée de cette biologiste ne se fera qu'au bout de 130 pages environ parce que Luv va avoir d'autres chats à fouetter avant ça.

130 pages pendant lesquelles nous allons osciller entre la région de Thulé au Groenland et Londres où Luv va devoir se rendre suite à un accident subi par sa fille...

130 pages pendant lesquelles nous allons apprendre à connaître la vie de Luv mais surtout celle du Grand Nord Canadien tant du point de vue historique, qu'écologique et politique.

Alors oui c'est intéresssant à découvrir pour les lecteurs, comme moi, qui aiment apprendre tout en lisant. MAIS j'ai trouvé ça aussi horriblement long avant que l'on obtienne un début d'action parce que soyons honnête, à part la découverte de ce cimetière de boeufs musqués, le froid ambiant bien sûr et quelques tensions que l'on sent dans le centre Arctica entre les scientifiques, il n'y a pas grand chose à se mettre sous la dent.

Il y a un peu d'angoisse parce que l'on ne sait jamais vraiment ce qu'il peut advenir dans cette partie reculée du monde, d'autant que nous sommes en pleine nuit polaire qui va durer tout au long du roman, mais c'est tout.

J'attendais donc avec plus que d'impatience l'arrivée de Luv pour que cela bouge enfin...

Mais là encore, une fois sur place, il va falloir attendre la page 205 et le chapitre 19 pour qu'enfin il se passe quelque chose au sein de l'équipe et que je sois soulagée en me disant que mon attente allait être récompensée...

Bon, cela a été de courte durée parce que, dans l'ensemble, même s'il y a des moments de stress et d'action, cela entraîne aussi des moments où le calme revient...

L'auteure tente bien de mettre un peu de pression avec une ambiance oppressante parce que n'oublions pas que la nuit est omniprésente, qu'il y a des ours polaires sans que l'on sache où exactement et puis il y a eu un mort et les disparitions surviennent enfin !

Mais honnêtement, cela ne m'a pas suffi pour ressentir une exaltation lors de ma découverte et je sors un brin déçue de cette lecture.

J'en attendais tellement autre chose et la fin est... ce qu'elle est alors que... voilà quoi...

Pffff... Je voulais tellement autre chose avec une intrigue qui décoiffe davantage que ce que j'ai pu avoir, que je suis dépitée.

J'avais tellement entendue du bien de cette auteure que je me faisais une joie de la découvrir mais force est de constater que ce n'est pas avec Boréal que j'aurais dû le faire. Du coup, je mets Dust dans mes prochaines découvertes pour me faire un avis plus précis de ce qu'écrit Sonja Delzongle parce que si l'intrigue ici ne m'a pas pris aux tripes, son écriture, elle, m'a beaucoup plu.

samedi 7 avril 2018

Passager 23

Auteur : Sebastian Fitzek
Editions : L'Archipel (mars 2018)
Nbre de pages : 412



Présentation de l'éditeur :

Imaginez un lieu isolé.
Un lieu où disparaissent, année après année, des dizaines de personnes...
Sans laisser de trace. Un lieu rêvé pour des crimes parfaits.
Bienvenue à bord. La croisière ne fait que commencer...



Mon avis :

Ce titre fait l'unanimité sur les réseaux sociaux depuis sa parution et c'est parfaitement justifié.

Après avoir adoré son précédent titre, Le somnambule, que vous pouvez désormais trouver en format poche, Fitzek nous fait voyager à bord d'un navire dans lequel nous allons vivre une histoire totalement hallucinante.

Tout commence par un prologue qui met le lecteur en haleine dès les premières lignes. Imaginez un Docteur prêt à procéder à une opération... Imaginez un homme allongé, pas tout à fait endormi et qui supplie ce Docteur... 

Fitzek met tout en place pour que le lecteur soit sur les charbons ardents dès les premières pages et cela ne s'arrêtera pas tout au long du roman.

Car une fois que nous serons à bord du Sultan des mers avec l'inspecteur Martin Schwartz, nous allons plonger dans une croisière dont nous ne sommes pas sûrs de revenir vivants...

On apprend un pan de la vie privée de Schwartz qui a perdu son fils et sa femme lors d'une croisière, à bord de ce même bateau. Nous apprenons aussi l'explication du titre, "Passager 23", que je ne connaissais pas mais qui laisse à la fois perplexe et qui fait froid dans le dos.

Et puis, il y a tout ce qu'il se passe sur ce navire, en plein milieu de l'océan, avec des personnages qui ont des vies personnelles très chargées et qui sont plus ou moins liés les uns aux autres.

Le tout en fait un roman explosif et extrêmement prenant que l'on a du mal à lâcher.

Si mes premières lectures de l'auteur n'ont pas été convaincantes, j'avoue que depuis Le somnambule je suis prise dans l'engrenage des intrigues "fitzekiennes".

Tout est magnifiquement orchestré et maîtrisé à la perfection, même si je dois bien dire que la fin de celui-ci est un peu ouverte et me chagrine. Je préfère les fins définitives à celles qui me laissent me poser encore des questions. Mais là, je pinaille.

Honnêtement, je ne suis pas férue de croisière mais après avoir lu ce Fitzek, j'avoue que j'ai un peu quelques craintes de me retrouver sur un bateau comme le Sultan. Je crois que je deviendrais paranoïaque en croisant les vacanciers sur le pont que le personnel de bord...

On vit l'aventure avec Schwartz comme si on était à ses côtés; on réfléchit à qui pourrait faire quoi; on tremble; on ne voit pas les choses venir et on se fait bluffer par l'auteur.

En bref, Passager 23 est un titre à ne rater sous aucun prétexte. Il est vraiment excellent avec des thématiques prenantes dont, notamment, les disparitions en mer lors de croisière. J'espère vous avoir convaincue de le découvrir à votre tour et je vous souhaite donc un bon voyage à bord du Sultan 😃

mercredi 4 avril 2018

Le journal de ma disparition

Auteur : Camilla Grebe
Editions : Calmann Levy (mars 2018)
Nbre de pages : 424


Présentation de l'éditeur :
Il y a huit ans, la jeune Malin, alors adolescente, a découvert une fillette enterrée dans la forêt de Ormberg, une ville suédoise isolée. On n’a jamais pu identifier la petite victime.
Devenue une jeune flic ambitieuse, Malin est affectée auprès de Hanne, la célèbre profileuse, et de l’inspecteur Peter Lindgren, qui reprennent l’affaire. Mais Peter disparaît du jour aunlendemain, et Hanne est retrouvée blessée et hagarde dans la forêt.
Le seul témoin est un adolescent qui aime errer dans les bois enneigés, la nuit. Sans le dire à personne, il récupère le journal que Hanne a laissé tomber et se met à le lire, fasciné…
Désormais seule dans son enquête, Malin est appelée sur les lieux du tout premier crime : une nouvelle victime a été découverte. Et si tous ces faits étaient tragiquement liés ?


Mon avis :

Après l'excellent moment de lecture avec Un cri sous la glace que vous pouvez désormais retrouver en format poche, je me suis lancée dans ce nouvel opus dans lequel j'ai trouvé avec plaisir Hanna.

L'enquête ici va se dérouler différemment puisque Hanna va être retrouvée totalement désorientée dans une forêt, alors que Peter reste introuvable.

La question qui va se poser va être celle de savoir ce qu'il s'est passé dans cette forêt, où est passé Peter et c'est notamment grâce au journal d'Hanna, récupéré par un adolescent, que l'on va petit à petit découvrir ce qui se déroule à Ormberg, une petite ville suédoise qui est un personnage à elle seule.

Il va y avoir de nouveaux policiers et notamment Malin qui fera équipe avec Hanna pour tenter de retrouver Peter et savoir ce qui se passe dans cette bourgade et démêler les secrets qui lient les habitants.

Autant vous dire que j'ai passé un super moment de lecture avec ce suspense que j'ai dévoré en deux jours parce que l'on se focalise sur Peter et que l'on veut savoir coûte que coûte où il est et ce qu'il est advenu de lui. On craint le pire mais on n'ose pas non plus l'envisager. On garde espoir et l'auteure fait tout pour nous garder en haleine jusqu'aux dernières lignes.

Même si j'ai trouvé que le rythme était plus lent que dans son précédent roman, cela ne m'a pas du tout dérangée parce que découvrir aussi Ormberg était très intéressant.

On entre dans une ville dans laquelle tout le monde se connaît depuis des générations et voir que finalement tout le monde s'épie fait froid dans le dos.

Le journal que l'on va lire à travers les yeux de Jake est aussi très prenant et stressant. On se pose pas mal de questions sur cet adolescent qui a des penchants un peu particuliers mais auquel on s'attache très rapidement.

On continue à voir évoluer la maladie de Hanna et là encore cela nous fait nous poser beaucoup d'interrogations, notamment face à ce qu'il s'est passé avec Peter. Les pertes de mémoire d'Hanna sont de plus en plus importantes et s'attache à cela une certaine agressivité... Alors... on cogite... tout le temps...

Le journal de ma disparition m'a beaucoup plu mais de façon très différente d'avec Un cri sous la glace. Là où l'action était vraiment prépondérante dans le premier, le second sera surtout basé sur la pression psychologique des personnages face à ce qu'ils découvrent sur eux-mêmes et leur entourage.

Camilla Grebe a certes mené une intrigue bien ficelée avec une écriture toujours aussi addictive, cette fois-ci elle nous accroche avec un rythme plus lent mais ô combien passionnant.

En bref, si vous avez aimé Un cri sous la glace, vous n'aurez aucun mal à apprécier ce nouveau roman qui diffère un peu mais qui est tout aussi prenant. Quant à ceux qui ne connaissent pas encore cette auteure suédoise, je ne peux que vous la conseiller. Je suis plutôt difficile avec les auteurs des pays nordiques mais avec Camilla Grebe, j'ai accroché tout de suite et j'en suis ravie.

jeudi 29 mars 2018

Une autre histoire

Auteur : Sarah J. Naughton
Editions : Sonatine (mars 2018)
Nbre de pages : 408


Présentation de de l'éditeur :

La vérité n'est jamais là où on l'attend.

Élevée par un père violent et une mère soumise, Mags a fui l'Angleterre dès qu'elle a pu pour devenir une brillante avocate à Las Vegas. Lorsqu'elle apprend que son jeune frère, Abe, a été victime d'un accident et se trouve dans le coma, elle revient pour la première fois depuis longtemps à Londres. Là, elle a la surprise de rencontrer sa petite amie, Jody, dont il ne lui avait jamais parlé. Elle est plus surprise encore quand Jody, inconsolable, lui révèle qu'il ne s'agit pas d'un accident mais d'un suicide. Dépressif, Abe s'est jeté par la fenêtre. Peu à peu, la version officielle semble néanmoins présenter d'étranges incohérences. Jody dit-elle toute la vérité ? Était-elle vraiment la petite amie d'Abe ou une experte en manipulation ? 
À ce stade du résumé, votre opinion est sans doute déjà faite. Jody est coupable, elle a d'une façon ou d'une autre participé à la chute d'Abe, Mags va découvrir la vérité. C'est du tout cuit : un thriller de plus parmi tant d'autres. Eh bien, détrompez-vous. Si les apparences sont en effet trompeuses, vous n'imaginez pas à quel point. Vous êtes surtout loin de vous douter avec quelle maestria Sarah Naughton vous manipule. 

Vous croyez lire une histoire et c'en est une autre, bien plus captivante, qui va se dévoiler.


Mon avis :

Ce thriller psychologique va se révéler être une lecture de fou. Je l'ai dévoré en à peine deux jours tant j'étais prise par l'histoire, les personnages mais surtout ces pièces d'un puzzle magnifique qu'organise l'auteur autour d'un "accident".

Lorsqu'on lit le résumé, on se fait une idée plutôt tranchée de ce qui va se dérouler dans ce roman. Par contre, on se demande comment l'auteure va organiser son histoire pour nous mettre les nerfs à vif et nous tenir en haleine du début à la fin.

Je ne dirai rien de plus que ce que l'éditeur a voulu nous donner dans sa présentation parce que ce serait vous gâcher votre plaisir.

Je ne dépeindrai aucun personnage parce que ce serait grandement dommage...

Je ne dirai pas non plus ce qui m'a bluffée, stressée voire même m'a fait m'arracher les cheveux par des tentatives de résolution de l'affaire avant la fin...

En bref, je n'expliquerai pas pourquoi il faut lire ce roman d'urgence si ce n'est que lorsque vous allez le commencer, vous allez être bousculé purement et simplement par ses quatorze premières pages.

Oui, juste quatorze pages qui sont énigmatiques, cruelles et fort stressantes.

Quatorze pages que vous ne pourrez jamais oublier tout au long de votre lecture.

Quatorze pages avec lesquelles vous allez tenter de trouver ce qu'il en est.

Mais l'auteure est sadique ou plutôt exceptionnellement excellente dans la manipulation de son lecteur tant elle nous mène par le bout du nez.

J'ai été sidérée par les retournements de situation qui m'ont fait me rendre compte que mes a priori étaient infondés et que j'étais aussi mauvaise que Mags dans mes pensées. Parce que c'est tellement... logique... Et pourtant...

Tout est terriblement bien organisé, au mot et à la virgule près.

Tout est minutieusement pensé et cela en fait un roman captivant, criant d'injustice et ô combien rageant mais excitant de voir que l'on se plante sur toute la ligne.

Que je m'en suis voulue...

Que j'aime ce genre de roman que je ne vois pas venir et qui me rend coite au fur et à mesure que je découvre les choses.

C'est juste excellent et j'en veux encore.

L'écriture est parfaite et addictive. Les chapitres se lisent à une vitesse folle parce que la tension est omniprésente avec des personnages sous haute tension.

J'ai adoré me faire berner par Sarah J. Naughton et j'ai adoré la fin. Et quelle fin !!! 

J'avais choisi ce titre via Netgalley mais l'histoire des DRM m'empêchait de pouvoir le lire. Les éditions Sonatine me l'ont très gentiment transmis en format papier et je ne pourrai jamais assez les remercier pour leur geste tant je me suis régalée et le mot est faible.

Il y a de véritables pépites chez cet éditeur et l'opportunité que j'ai eue de pouvoir mettre en avant "Une autre histoire" me comble de bonheur. J'ai réellement envie que toutes les personnes qui me suivent ici, sur ma page Facebook, mon Instagram ou ma chaîne découvrent à leur tour l'histoire de Mags, Jody et Abe. Cet accident, ce suicide... Qu'en est-il réellement ? Et si tout n'était qu'apparence trompeuse ? Et si la vérité était ailleurs ?

Je n'ai qu'un seul mot à vous dire, si ce titre vous tentait avant même de lire mon avis : "Foncez !" Il est excellent. Il est bluffant et on en ressort encore plus bouleversé qu'avant de l'avoir commencé. Une vraie pépite. Un gros coup de coeur que je n'attendais pas !


mercredi 28 mars 2018

Une bonne intention

Auteure : Solène Bakowski
Editions : Bragelonne (mars 2018)
Collection : Thriller
Nbre de pages : 368



Présentation de l'éditeur :
Mati a neuf ans. Elle a perdu sa maman. Son père s'enlise dans le deuil et sa grand-mère s'efforce, à sa manière, de recoller les morceaux. Un soir, la petite ne rentre pas de l'école. On imagine le pire, évidemment. Et le pire se produit. Comment croire que tout, pourtant, partait d'une bonne intention ?


Mon avis :

J'avais très envie de découvrir Solène Bakowski, après avoir eu de très bons échos sur son précédent titre, Un sac. Du coup, lorsque j'ai eu l'opportunité de lire son dernier roman paru, je n'ai pas hésité une seconde.

J'ai lu ce roman la semaine dernière et j'ai voulu prendre un peu de recul avec cette lecture qui, malheureusement, n'a pas été aussi concluante que ce que j'en attendais.

Alors que je pensais lire un roman à gros suspense avec des personnages qui allaient me mettre la pression et faire cogiter mes neurones à outrance, je me suis finalement retrouvée avec une histoire très bizarre et des personnages qui l'étaient tout autant. A aucun moment, je n'ai réussi à les comprendre et aucun ne m'a touchée.

Pourtant, le début est plutôt prometteur avec le décès d'une maman, la difficulté d'un père de faire face à ce deuil et de s'occuper de sa petite fille comme il le devrait, une grand-mère très/trop présente et une enfant qui aurait pu être plus touchante si elle n'avait pas été rendue trop adulte par l'auteure.

En effet, dès le premier chapitre, nous avons une lettre écrite par une enfant de 8 ans et qui pourtant dans son style et les mots qu'elle emploie ne font absolument pas l'âge requis. Le décalage est tellement énorme que cela m'a choquée. C'était totalement impossible qu'une gosse de cet âge écrive aussi bien.

Et cela se poursuit avec ses réactions, par la suite. Du coup, cela ne m'a pas semblé crédible et je me suis fait la remarque que si Mati avait été une adolescente plutôt qu'une jeune enfant, l'écart ne se serait pas vu ou un peu moins.

La deuxième chose qui m'a gênée a été le côté très étrange de la construction narrative avec trois parties bien distinctes. Ou en tout cas, les deux premières puisque la partie 1 se déroule entre le 20 et le 22 mai 2004 après le décès de la mère survenu en juin 2003 et le temps de la disparition de l'enfant. Puis la partie 2 démarre antérieurement au décès et nous allons découvrir un nouveau personnage avec Rémi. Ce personnage est encore très étrange mais petit à petit on comprend le pourquoi du comment même si, là encore, sa façon de réagir avec un autre personnage ne m'a pas semblé crédible.

J'ai parfaitement compris ce que voulait faire l'auteure mais plus j'avançais dans cette partie et plus je me perdais dans un style qui de prime abord semble poétique et touchant mais qui finalement était lourd par ces phrases synonymes courtes dont je me serais bien passée.

Pourquoi faire autant de répétitions alors qu'en allant à l'essentiel la finalité aurait été la même pour moi ? Là, j'avoue que je ne comprends pas... Sur quelques menus passages, cela pouvait aller mais sur l'intégralité du roman, je dis non.

Quant à la dernière partie et la fin, j'avoue que je ne l'ai pas trouvé crédible non plus et je n'ai pas du tout adhéré à cette lecture.

Du côté de l'écriture, et même si je n'ai pas adhéré à tout ce que Solène Bakowski a fait dans son roman, je l'ai trouvée fluide et facile à lire. J'ai d'ailleurs terminé ce roman assez vite, même si j'ai traîné parce que l'histoire ne m'envoûtait pas, tout simplement.

Je sors donc déçue de cette lecture mais je suis contente d'avoir découvert une auteure française dont je vais surveiller les prochains titres. Je ne m'avoue pas battue à l'avance et je pense lire son précédent roman pour me faire une idée plus précise de ce qu'elle écrit.

Si vous étiez tenté par cette lecture, je persiste à dire qu'il faut vous faire votre propre avis, surtout que les retours sur Une bonne intention sont plutôt bons. Je fais, malheureusement, encore office de vilain petit canard mais j'assume.

Je remercie l'auteure et les éditions Bragelonne de m'avoir fait parvenir ce roman, même si je n'en ressors pas convaincue.

lundi 26 mars 2018

Une lueur d'espoir

Auteur : K.A.Tucker
Editions : Hugo Roman (Février 2018)
Collection : New Romance
Nbre de pages : 595


Présentation de l'éditeur :

Catherine Wright habite dans une petite ville. Elle est serveuse et s'occupe seule de sa fille de cinq ans. Une nuit, alors qu'elle rentre dans le brouillard, elle tombe sur une voiture encastrée dans un arbre. Elle intervient et parvient à sauver la vie d'un des occupants avant que le véhicule s'embrase. Elle ne saura que bien plus tard qui elle a sauvé : Brett Madden. La star de hockey, héros national.
Mais Catherine ne souhaite pas que son nom soit révélé. Jusqu'au jour où elle trouve l'homme qu'elle a sauvé devant sa porte. Il veut juste la remercier, mais il va bouleverser sa vie. 
L'amitié qu'ils ressentent l'un pour l'autre, dès les premiers mots échangés, se transforme peu à peu en quelque chose de plus profond que ni l'un ni l'autre ne s'attendait à ressentir. Comment une superstar comme Brett Madden pourrait-il s'intéresser à une femme aussi normale que Catherine ? Combien de temps avant que cette étincelle qu'elle voit briller dans ses yeux ne s'éteigne ?


Mon avis :

Je peux dire que le dernier K.A. Tucker a été une lecture au-delà de mes attentes. Je restais avec mon coup de coeur concernant Respire et je ne m'attendais pas à ce que ce titre là m'apporte une histoire aussi belle et touchante sans réelles scènes de sexe. Si si, je vous assure. K.A. Tucker l'a fait pour mon plus grand plaisir.

Certes, j'ai mis un peu plus de 2 jours pour venir à bout de ce joli pavé mais la lecture a été réellement magnifique. C'était aussi sûrement pour cette raison que je ne voulais pas le terminer trop vite.

Catherine est un personnage qui a besoin de se reconstruire après bien des problèmes durant son adolescence et un rapport avec sa mère qui est loin d'être idyllique. Entre elles, c'est très compliqué. Elle ne se comprennent pas et ne se supportent pas.

L'arrivée de Brett Madden va changer un peu la donne même si Catherine va mettre du temps avant de se donner cette chance de pouvoir vivre une autre vie que celle qu'elle a avec sa fille.

Rien n'est vraiment gagné mais forcément on sait que dans ce genre de roman la fin est déjà toute tracée.

Peu importe. J'ai passé un excellent moment parce que tout est fait en finesse pour mon plus grand plaisir de lectrice.

On vit bien sûr les difficultés de cette histoire entre Brett et Catherine par rapport à son passé à elle mais également parce que Brett est une grande figure sportive que les journalistes suivent à chaque sortie. Une vie que Catherine ne souhaite absolument pas ni pour elle, ni pour sa fille.

Si globalement j'ai adoré ce que j'ai découvert, j'ai trouvé aussi que par moment c'était un peu long pour que Catherine se lâche un peu mais une fois que cela commence, c'est tellement beau...

Et la cerise sur le gâteau que je n'attendais pas du tout c'est que pour une fois, une auteure ne fait absolument pas de scènes de sexe à outrance pour son lectorat.

Il y a quelques menus passages mais c'est tellement ténu que c'est finalement tout mignon.

Du coup, cette découverte a été excellente et j'ai même regretté que le roman se termine. J'aurais aimé rester un peu plus avec Brett et Catherine, tant dans leur vie personnelle que dans le monde du hockey sur glace qui est un sport que j'aime beaucoup.

Si vous ne connaissez pas encore K.A.Tucker, je ne peux que vous le recommander et si vous n'aimez pas les scènes hot comme on en trouve systématiquement dans ce genre de titre, ici vous n'aurez pas de souci à vous faire. Et c'est fortement appréciable. Comme quoi, il n'y a pas besoin de mettre du sexe pour avoir une belle histoire. C'est encore une excellente romance que l'auteure nous a fait là, même si dans mon coeur il ne détrône pas Respire. Malgré tout, c'est un des titres de la collection à ne pas rater.

dimanche 25 mars 2018

Un singulier garçon

Auteur : Kate Summerscale
Editions : 10/18 (février 2018)
Nbre de pages : 472


Présentation de l'éditeur :
Juillet 1895. Nathaniel et Robert Coombes, deux frères âgés de douze et treize ans, se retrouvent seuls pendant dix jours. Leur père est en mer et, selon leurs dires, leur mère est à Liverpool. Les voisins commencent à s'interroger sur cette absence prolongée, tandis qu'une odeur pestilentielle envahit la rue. La police se rend sur les lieux et découvre, à l'étage de la maison, le corps en décomposition de Madame Coombes. Interpellé, Robert admet l'avoir tuée à coups de couteau. Des années plus tard, libéré pour bonne conduite, il fait partie des contingents d'anciens prisonniers envoyés en Australie. Loin du matricide et de la prison, Robert change de vie : il intègre l'armée et revient en héros. Auprès des siens, en Australie, il mène désormais la vie d'un homme bien.


Mon avis :

J'attendais de ce roman qu'il me fasse découvrir les frères Coombes de bout en bout. Comprendre leurs agissements, leurs mensonges et pourquoi Robert était passé à l'acte.

Si on a bien les explications de l'époque sur le pourquoi de ce meurtre atroce sur la mère, j'avoue que je suis restée très extérieure à l'histoire.

A aucun moment, je n'ai réussi à m'attacher à ces jeunes garçons ou même les détester. J'étais totalement indifférente à ce que l'on me racontait et, dès le départ, j'ai eu du mal avec la façon dont l'auteure amenait cette histoire.

Ce qui m'a dérangée, c'est que Kate Summerscale ne se contente pas de rester sur les vies de Nathaniel et Robert mais généralise sur la Société anglaise de l'époque avec d'autres cas de parricide qu'il s'agisse d'un père, d'une mère, d'un frère ou d'une soeur.

Cette étude est certes intéressante et les explications fournies, au vu de l'époque, apportent beaucoup mais ce n'est pas du tout ce que j'attendais de ce livre.

Du coup, au lieu de se focaliser sur les frères Coombes, l'auteure va trop développer certains personnages au détriment d'autres et j'ai trouvé ça terriblement dommage.

On aura droit à des études de cas faits par des médecins anglais mais également et surtout des psychiatres/psychologues français vu le "handicap" de Robert.

L'étude psychiatrique est intéressante à suivre et j'aurais vraiment aimé que Kate Summerscale se cantonne à ces frères là plutôt que de développer sur d'autres cas, pour tenter de démontrer que ce qui s'est passé est peut-être une cause de la Société, et notamment des lectures facilement disponibles pour des enfants peut-être trop jeunes pour les découvrir et faire la part des choses...

Le résumé nous indique aussi que Robert va changer de vie lorsqu'il va intégrer l'armée et devenir un héros.

Là encore, j'ai trouvé désolant que l'auteure n'ait pris le temps que d'un seul chapitre, le dernier, pour nous montrer le pourquoi du comment.

En fait, si Kate Summerscale était restée uniquement sur le cas des frères Coombes, de leur procès et de l'après, le livre n'aurait pas fait 470 pages. Il aurait été beaucoup plus court. D'ailleurs, je tiens à préciser que le roman à proprement dit n'en fait ici que 370 puisque les 100 dernières pages ne sont que des notes avec notamment des titres d'ouvrages ou d'articles de l'époque pour appuyer ses dires.

Très honnêtement, je n'ai lu ni l'épilogue, dans lequel l'auteure nous expliquait comment elle en était venue à écrire ce roman, ni les notes, trop longues et fastidieuses.

En bref, alors que je pensais avoir affaire à un roman basé sur une histoire unique d'un enfant matricide devenu un héros, j'ai fini avec un livre étudiant la société de l'époque victorienne et tentant d'expliquer pourquoi certains enfants/jeunes passaient à l'acte meurtrier d'un des membres de leur famille.

Certains passages étaient certes intéressants mais ce n'est pas ce que j'attendais et j'en suis sortie très déçue, sans compter que la plupart du temps, les digressions étaient longues, trop longues pour me permettre de me fixer consciencieusement sur ce que l'on me racontait. J'ai très vite décroché.

Du coup, à vous de voir ce que vous comptez faire si ce titre là vous tentez !

jeudi 22 mars 2018

Une minute d'attraction

Auteur : Carrie Elks
Editions : Presses de la Cité (février 2018)
Nbre de pages : 363


Présentation de l'éditeur :
Londres, 31 décembre 1999, une soirée de réveillon ultra chic. Gothique jusqu'au bout des ongles et armée d'un sens de la répartie hors norme, Hanna donne un coup de main à sa mère, traiteur. Aux antipodes, Richard, impeccable dans son costume cravate, est un New-Yorkais aisé que son père destine à Wall Street. Hanna le désarçonne autant qu'elle le séduit. Il n'a jamais rencontré une fille comme elle. 
12 mai 2012. Hanna et Richard ne se sont plus adressé la parole depuis des années. Elle est pourtant là, à New York, pour lui révéler un secret explosif.


Mon avis :

Après ma lecture de Sa majesté des ombres, j'avais besoin d'un roman tout doux, facile à lire, décontractant, pas prise de tête. Bref, un livre qui allait me faire passer un bon moment de détente. Je me suis donc décidée à lire ce titre qui me tentait pas mal et que j'avais laissé un peu trop longtemps dans ma PAL.

Je pense que je l'ai lu au bon moment parce que j'ai passé un super moment avec Hanna et Richard, même si le fameux "secret explosif" n'est pas si explosif que ça pour la lectrice que je suis parce que je me doutais déjà de ce dont il était question.

On démarre donc ce livre en mai 2012 alors qu'Hanna va déclarer son fameux secret à Richard. Puis, nous partons en 1999 pour découvrir les personnages d'Hanna et Richard alors qu'ils sont âgés respectivement de 17 et 21 ans. Ils sont l'un et l'autre enfants de divorcés et j'ai beaucoup aimé découvrir le rapprochement qui va se faire entre eux petit à petit.

L'histoire est bien menée et bien écrite. De bout en bout, j'ai beaucoup aimé ce que j'ai lu même si j'avoue que j'ai tiqué sur les réactions de Ruby, la soeur de Richard, qui ne collait pas avec l'âge qu'on lui donnait : 10 ans. Je trouvais qu'elle réagissait comme une enfant plus jeune mais au fur et à mesure que l'on avance, forcément, cela s'arrange puisqu'elle grandit... et puis il me fallait me focaliser sur le couple Hanna-Richard plutôt que sur elle.

Il me tardait aussi d'arriver après la révélation et voir ce qui allait se passer, même si franchement on le sait dès le début. Pas besoin d'être sorti de St-Cyr pour savoir comment tout cela va se terminer.

Mais j'avoue que je me suis laissée prendre au jeu et que par moments, alors que je fomentais des supputations sur les agissements de l'un et de l'autre, j'ai été surprise de constater que je m'étais plantée.

Voui, ces personnages n'ont pas réagi exactement comme je le pensais et c'est aussi ce qui a fait que j'ai beaucoup apprécié ma lecture.

Bon, il va s'en dire que je ne parlerai pas de la fin et que cela se termine comme cela se doit.

No surprise et c'est tant mieux. J'avais besoin de feel-good et je l'ai eu.

Attention cependant avec ce roman qui n'est pas juste un roman contemporain mais aussi une new romance avec des scènes de sexe détaillées que je n'attendais pas. Cela ne m'a pas gênée et cela tombe sous le sens, bien sûr, mais je tenais à le préciser pour les lecteurs que cela dérangerait.

En bref, Une minute d'attraction a été une très bonne découverte avec laquelle j'ai passé un très agréable moment de lecture et que j'ai dévoré en une journée. Je vous le recommande si vous avez besoin d'un moment de détente avec des personnages intéressants à suivre et une belle histoire d'amour comme on en rêve parfois.

mercredi 21 mars 2018

La trilogie des ombres : Sa majesté des ombres (T1)

Auteur : Ghislain Gilberti
Editions : Ring (mars 2018)
Nbre de pages : 738


Présentation de l'éditeur :
Un cartel d'un nouveau genre, invisible et sans pitié. 
Une drogue d'une pureté inédite. 
Un réseau de dealers sous pression, déployé à travers l'Europe et coupé de la tête de l'organisation. 
Un signe commun aux membres du cartel : Ecce Lex, tatoué sur le poignet. Quand des dealers sont capturés, ils se révèlent incapables de livrer le moindre indice sur leur commanditaire... Quand leurs cadavres ne servent pas déjà de bornes kilométriques. 
Une légende de la police judiciaire aux dons de mentaliste, Cécile Sanchez, fait face à des tueries aux modes opératoires sans précédent. 
Est-il possible de mettre des ombres en cage ? Dans quel enfer devra-t-elle descendre pour faire face au mal absolu ? 
Bienvenue dans le Réseau Fantôme. 
Entre Braquo et Breaking Bad, Sa Majesté des Ombres ouvre magistralement la nouvelle épopée du thriller hexagonal.


Mon avis :

J'ai découvert le nouveau roman de Ghislain Gilberti qui me tentait beaucoup parce que l'auteur ne mâche pas ses mots dans ses romans et ne ménage donc pas son lecteur. Si vous voulez du trash, vous allez en avoir. De plus, son précédent roman, La dynamique du chaos, a eu de très bons retours. Il ne m'en fallait pas moins pour vouloir me lancer, à mon tour, dans la découverte de ses livres.

Sa majesté des ombres est un véritable parpaing vu son épaisseur mais je peux dire qu'il se lit extrêmement bien et vite puisque je l'ai dégommé en 3 jours à peine. On est dans le milieu de la drogue pure et ça déménage dur.

Il est scindé en cinq parties dont la première se déroule en 2003. Nous allons découvrir des personnages du côté des flics et du côté du cartel.

Autant vous dire de suite que cette première partie est très trash, bourrée de scènes un brin difficiles par moment par les horreurs qui sont faites par les dealers. Du côté des flics, nous allons avoir deux genres bien distincts : ceux qui veulent mettre fin à ce gang une bonne fois pour toute quoi qu'il puisse en coûter et ceux qui veulent démanteler le réseau mais ne souhaitent pas non plus faire n'importe quoi et risquer la vie de leurs collègues. Entre nous, j'ai adoré un personnage de ce groupe et j'en ai détesté plusieurs que j'aurais même baffés !

Bref, j'ai vécu cette première partie à fond et lorsque la fin est arrivée, j'ai été sidérée...

Puis vient la suite du roman dans laquelle nous basculons en 2010 avec des personnages que l'on retrouve et des nouveaux, avec notamment Cécile Sanchez, commissaire au OCRVP (Office Central pour la Répression des Violences aux personnes) qui a été chargée par son patron de mettre en exergue le lien entre "deux carnages récents aux modes opératoires plus que similaires". Elle sera donc là pour aider la police dans des affaires qui traînent depuis trop longtemps.

On sera donc dans une très grosse affaire qui va nous garder en haleine pendant plus de 500 pages et que j'ai adorée suivre.

Le début est un peu lent à se mettre en place puisqu'il faut que Cécile et sa collègue de l'OCRVP arrivent sur place, se présentent, expliquent ce qui va changer ou pas dans la suite des affaires. En bref, qu'elles prennent leurs marques.

Mais lorsque le tout est bien placé, je peux vous assurer que nous ne pouvez plus lâcher ce bouquin avant son aboutissement final. Un aboutissement qui m'a fait hurler de frustration, de rage, de peine...

J'ai détesté l'auteur de me laisser en plan, comme ça, avec des personnages que j'ai appris à apprécier, aimer. J'ai stressé pour certains, j'ai hurlé de colère pour d'autres qui font n'importe quoi. J'ai angoissé avec ses hommes et ses femmes qui font tout pour la sécurité de ceux qui entre dans les filets de l'organisation tellement bien orchestrée qu'il est difficile de remonter jusqu'aux chefs.

Ce pavé de plus de 700 pages se mange comme du chocolat avec la douceur en moins. Je le conseille avidement tant j'ai été prise par tout ce qui s'y passe.

L'écriture est hyper addictive, fluide et très visuelle. Lorsque je lisais, j'avais plutôt l'impression de regarder un film. C'est hyper prenant et plein d'action.

Si j'ai beaucoup aimé ma lecture de ce premier tome, dont j'attends maintenant avec impatience la suite, je tiens quand même à mettre en garde les âmes sensibles et les plus jeunes. Ce roman n'est pas fait pour tout le monde, même si le côté trash se trouve davantage dans la première partie que dans tout le reste. J'ai trouvé que Ghislain Gilberti avait su parfaitement doser les scènes difficiles pour que le lecteur ne soit pas écoeuré par des descriptions trop morbides et ce n'est pas négligeable.

Pour autant, nous sommes dans un milieu bien particulier, celui de la drogue, et vu que l'auteur nous explique parfaitement tout ce qui s'y passe, cela pourrait peut-être heurter certaines personnes.

Pour ma part, j'ai passé un excellent moment et je ne peux que vous le recommander si vous n'êtes pas hostile à ce genre de roman.

lundi 19 mars 2018

De la terre dans la bouche

Auteur : Estelle Tharreau
Editions : Taurnada
Collection : Le tourbillon des mots
Nbre de pages : 246


Présentation de l'éditeur :
Les vieux de Mont-Éloi savent pourquoi ils s'aiment ou se détestent, même si les autres l'ignorent. La seule histoire à laquelle il faut croire est celle qu'ils ont écrite au musée de la Chênaie.
Elsa refusera cette vérité lorsque sa grand-mère lui léguera une maison perdue dans la forêt, à deux pas d'un village martyr.
Guerre. Occupation. Épuration.
Quarante années ne seront jamais suffisantes pour oublier et chasser les fantômes du passé !


Mon avis :

Ce roman est le premier titre de l'auteure que je lis et j'ai passé un très bon moment avec.

Nous sommes dans un roman contemporain à suspense avec des secrets autour d'agissements qui se sont produits durant la Seconde Guerre Mondiale.

Elsa, héritière de La Braconne, va décider d'emménager là-bas pour quelque temps. Son emploi le lui permet et elle a besoin de récupérer du décès de sa grand-mère. Quoi de mieux que d'aller dans ce village où sa grand-mère a vécu ? Sauf qu'Elsa va poser des questions aux habitants sur son aïeule et elle va se rendre compte que peu d'entre eux ont envie de parler d'un passé bien trouble.

Ce roman m'a plu pour deux raisons : il est question de secrets et de la période de 1939-1945.

Il ne m'en fallait pas plus pour avoir envie de le découvrir et vous en parler parce que si De la terre dans la bouche est court, il n'en demeure pas moins très intéressant dans ce que les habitants de Mont-Eloi ont à cacher.

Je me suis donc lancée dans cette lecture avec avidité et toujours avec autant de curiosité dès que je le reprenais.

L'auteur a une écriture très fluide et accrocheuse avec des chapitres courts et dynamiques qui permettent au lecteur de s'intégrer totalement dans l'histoire de cette bourgade.

On réalise aussi à quel point il est délicat voire impossible de démêler le vrai du faux dans cet endroit où les habitants connaissent tout sur tout le monde et mettent une pression énorme dès que quelqu'un révèle un petit quelque chose.

Tout est très bien orchestré et j'avoue que j'étais bien aux côtés d'Elsa pour savoir ce qui s'était passé durant cette guerre, surtout lorsque l'on apprend qu'un massacre par des allemands a été perpétré.

A partir de ce moment là, on se pose beaucoup de questions sur les uns et les autres et on commence à supputer ce qui a pu se passer, qui a pu dénoncer...

Je suis restée scotchée à ce roman jusqu'à la fin qui vous cloue sur place, même si elle m'a surprise parce que je ne m'attendais pas du tout à ça ! J'étais partie dans autre chose et si la fin est bluffante, d'une certaine manière j'ai été un peu déçue pour Elsa... (ceux qui l'ont lu, comprendrons sûrement pourquoi).

Du coup, je ne peux que vous pousser à découvrir la plume d'Estelle Tharreau qui vous emporte dans une histoire très bien ficelée, avec des personnages auxquels on finit par s'attacher et avec une petite romance en prime que j'avais vu venir dès le début mais qui ne m'a pas dérangée. Bien au contraire, cela met un peu d'apaisement dans un climat très tendu.

vendredi 16 mars 2018

La mort est dans l'pré

Auteur : Paul F. Husson
Auto-Edition
Nbre de pages : 169


Présentation de l'ouvrage :
À la suite d’une bavure, le lieutenant Rachida est mise en congés. Célibataire solitaire et cynique, déchirée entre ses origines et la France, Rachida part mûrir sa dépression dans la Creuse. La découverte d’une carcasse de voiture accidentée réveille ses réflexes d’enquêtrice. Son intuition la mène à imaginer une série de meurtres liés à un ex candidat de L'amour est dans le pré, mais personne ne prend son délire au sérieux. Lorsque Rachida apprend que ce même homme tente une Seconde Chance cette saison, elle décide de lui écrire, espérant être choisie pour participer à l’émission..."


Mon avis :

Cette live novel m'a été proposée par son auteur, Paul François Husson, que je remercie pour la découverte même si, malheureusement pour moi, cela fut une lecture en demi-teinte.

Pourtant, tout avait bien commencé avec le personnage de Rachida qui est flic et qui se voit mise en congés forcés suite à une bavure lors d'une enquête. Rachida se dit que c'est l'occasion de se ressourcer, penser un peu à elle et elle décide de partir dans la Creuse et de louer une yourte. Lors d'une de ses promenades, elle va tomber sur une voiture accidentée avec un corps à l'intérieur. Mais l'accident ne date pas d'hier. En partant à la gendarmerie pour signaler cet accident, elle se dit que finalement ses vacances forcées ne seront peut-être pas tant reposantes que ça.

Autant dire que ce début était très prometteur et que j'attendais d'avoir une belle enquête sympathique en pleine campagne avec un titre qui ne laissait rien au hasard.

Vous connaissez l'émission diffusée sur M6, "L'amour est dans le pré" ?

Ce roman est une parodie bien menée au départ mais qui, finalement, ne m'a pas convaincue sur la deuxième moitié.

Le personnage de Rachida n'est pas un personnage si simple qu'il le laisse présager au départ. Elle est flic mais ce statut pèse au sein de sa famille. Elle est aussi célibataire ce qui n'arrange pas les choses avec ses parents qui la verraient bien casée avec un métier moins prenant et moins risqué.

Bref, Rachida ne se sent pas à sa place et ses "vacances" dans la Creuse était vraiment pour elle le moment de faire un gros break. Mais j'ai senti aussi que ces "congés" ne le seraient pas et j'attendais vraiment de voir Rachida en pleine action dans une enquête qui me semblait bien alléchante.

Si effectivement la première moitié se déroule comme je l'imaginais avec un gendarme qui va commencer à faire des recherches sur cet accident et la personne restée à l'intérieur du véhicule, petit à petit, j'ai constaté aussi que l'on allait partir dans tout autre chose qu'une enquête.

A partir du moment où Rachida va postuler à la fameuse émission, on bascule dans un roman plus contemporain que policier.

Pourtant, le but de Rachida de savoir qui a pu tuer cette personne (ou plutôt ces personnes puisque un autre accident dans la région s'est également produit à quelques mois d'intervalle) demeure. Du coup, j'ai eu beaucoup de mal à la cerner. J'ai souvent froncé les sourcils face à ses choix.

Si on a le fin mot de l'histoire sur ces accidents, il n'en demeure pas moins que j'ai été blasée par le personnage de Rachida au fur et à mesure que je progressais dans la deuxième partie parce qu'elle cherche tout simplement à s'incruster dans cette famille. Elle le dit bien elle-même : "Où se trouve ma place dans cette histoire ?"

Et là, je n'ai pas du tout compris pourquoi elle se posait cette question parce que, pour moi, elle était là en tant que flic et non pas en tant que nana qui cherche à se caser à tout prix, quelles qu'en soient les conséquences.

J'avais déjà trouvé des détails en amont qui m'avaient gênée mais là ce fut le décrocher total avec cette histoire.

J'ai trouvé vraiment dommage que l'auteur ne soit pas resté sur sa ligne directrice première qui me convenait parfaitement avec deux accidents et un lien entre les deux qui étaient très judicieux. Et même si j'ai eu le mot de la fin sur cette partie de l'intrigue, je n'attendais pas du tout que l'histoire de Rachida prenne une direction plus personnelle et cela ne m'a pas plu.

Je sors donc mitigée de cette lecture et c'est bien dommage.

Cela dit, je fais encore office de vilain petit canard parce que cette live novel a eu de très bons retours jusque là. Du coup, et comme je le dis systématiquement, n'hésitez surtout pas à faire votre propre avis dessus.

Pour visiter la page de l'auteur, c'est par ICI, surtout qu'une nouvelle live novel est en cours de publication sur sa page 😊

mercredi 14 mars 2018

Des yeux comme les miens

Auteur : Sheena Kamal
Editions : JC Lattès (24 janvier 2018)
Nbre de pages : 377


Présentation de l'éditeur :
Le téléphone la réveille à 5 heures du matin. Et avant 7 heures, un appel n’annonce jamais rien de bon. Nora ne connait pas Everett Walsh mais celui-ci est persuadé qu’elle doit savoir quelque chose sur sa fille adoptée récemment disparue.
Perturbée, mal comprise, Nora déjà submergée par ces problèmes personnels, refuse de s’impliquer. Jusqu’à ce qu’elle voie la photo. Une jeune fille, une adolescente, qui a ses yeux. Comment pourrait-elle lui tourner le dos ?
Mais partir à la recherche de sa fille renvoie Nora à un passé qu’elle préférerait oublier. À mesure qu’elle progresse dans son enquête, elle découvre une dangereuse conspiration à travers les ruelles sombres et pluvieuses de Vancouver jusqu’aux flancs enneigés des Rocheuses canadiennes. Pour finir, elle devra affronter son démon le plus terrible : une ombre surgie de son propre passé.


Mon avis :

J'ai donc lu ce roman la semaine dernière et ce fut une découverte que j'ai adorée et que je n'ai pas pu lâcher tant le personnage de Nora m'a bluffée.

Je ne referai pas de résumé vu que la présentation est suffisante pour vous mettre dans l'ambiance de ce roman qui est très pesante au fur et à mesure que l'on avance.

Nora est une quarantenaire atypique avec qui j'ai eu un peu de mal au début parce qu'elle est très brutale dans ses mots, sa gestuelle et son comportement.

Mais tout ce qu'elle montre d'elle a une raison. Raison que l'on apprend à connaître petit à petit.

S'il m'a fallu une petite cinquantaine de pages pour bien entrer dans le roman et me rendre compte à quel point Nora est une femme qui revient de loin, par la suite, je ne pouvais plus m'arrêter de la retrouver en reprenant mon livre dès que je le pouvais.

Nora va donc se lancer dans la recherche de sa fille qu'elle a été obligée d'abandonner à la naissance et donner à l'adoption. Pour elle, c'était le meilleur choix qui se présentait pour que son bébé se retrouve dans une famille qui allait prendre soin d'elle.

Lorsque, dès le départ, le papa adoptif de Bonnie apprend à Nora que sa fille a disparu et que ce n'est pas la première fois qu'elle fugue, Nora va se mettre sur la réserve. Pourquoi sa fille aurait-elle agi ainsi à plusieurs reprises ?

On ne sait pas vraiment si la recherche que mène Nora est pour elle, pour sa fille ou ces parents qui restent très agressifs face à cette situation.

L'auteure démêle les fils petit à petit pour le plus grand bonheur du lecteur et ce qu'elle nous dévoile est très surprenant parce qu'on ne s'y attend pas du tout.

De plus, Nora n'est pas flic ni détective privé, même si elle travaille dans une agence de privés. C'est une nana basique, avec un passé très chargé qui la ronge encore aujourd'hui et qui pourrait la faire basculer à n'importe quel moment. C'est une nana qui va se servir du peu qu'elle possède pour se défendre et aller au bout de ce que l'on pourrait appeler son "chemin de croix". Mais un "chemin de croix" compliqué qui pourrait très bien être stoppé par cette femme si instable.

J'ai adoré le personnage de Nora; j'ai adoré l'intrigue qui se tisse autour d'elle et de son passé; j'ai été un peu déçue par cette fin un peu trop rapide à mon goût mais qui offre aussi une belle ouverture pour retrouver Nora dans un prochain ouvrage.

L'écriture est addictive et en même temps pourra choquer peut-être certains lecteurs par la façon dont Nora parle. Cela m'a perturbée sur le début mais cela colle tellement à son personnage. Ce langage de charretier lui va parfaitement et l'auteure a su magnifiquement peindre un personnage féminin qui sort du lot.

Si vous êtes un brin curieux et que ce genre de nana ne vous rebute pas, il est certain que Des yeux comme les miens vous plaira. Si en plus vous avez envie de découvrir la région de Vancouver et voir tout ce qui s'y trame, vous n'avez alors pas d'autre choix que de vous plonger dans ce roman à suspense très addictif que l'on ne ferme qu'une fois le dernier mot lu et encore avec regret.

samedi 10 mars 2018

Ce soir, on regardera les étoiles...

Auteur : Ali Ehsani
Editions : Belfond (1er février 2018)
Collection : Le Cercle
Nbre de pages : 313


Présentation de l'éditeur :
Des bombardements de Kaboul aux mirages des côtes italiennes, la leçon de vie pleine d'humanité d'un enfant déterminé à faire bouger les frontières d'un monde à la dérive. Bouleversant.
La guerre, c'est le quotidien d'Alì, huit ans. Les rues de Kaboul englouties sous les tirs de mortier, les terrains de foot improvisés au milieu des décombres, le petit garçon est habitué. Mais un soir, au retour de l'école, c'est sa maison qui a disparu et, avec elle, ses parents. 
Sans famille ni argent, Alì et son grand-frère Mohammed prennent la route. Direction l'Iran, la Turquie, la Méditerranée, d'autres rives, à la recherche d'autres étoiles sous lesquelles trouver refuge. 
Cinq ans plus tard, Alì est devenu un adolescent. Un gamin de treize ans cramponné au châssis d'un poids lourd en partance pour l'Italie. Un jeune homme épuisé, qui rassemble ses forces pour fuir, toujours plus loin. Seul. 
Car Mohammed, son grand frère, son héros, s'est égaré en chemin... Qu'est-il arrivé ? Les deux garçons pourront-ils jamais tenir leur promesse d'être réunis, libres et heureux, sous les étoiles ?


Mon avis :

Ce titre est un témoignage de l'auteur suite à sa fuite de Kaboul, avec son frère, lorsqu'il avait 8 ans.

J'avais hésité à lire ce livre parce que j'ai du mal à accrocher à ces histoires qui se déroulent en Afghanistan, Pakistan... Je n'avais d'ailleurs pas accroché aux fameuses Hirondelles de Kaboul de Yasmina Khadra et un autre titre dont je ne me rappelle plus.

Je voulais voir si avec Ce soir, on regardera les étoiles... ce serait la même. Si j'allais rester hermétique à ce que l'auteur allait me narrer.

Force est de constater que ces histoires là ne sont pas pour moi, même si je ne nie pas à quelle point l'horreur vécue et décrite aurait dû me toucher voire même me bouleverser.

En fait, je pense que le procédé narratif ne m'a pas facilité la tache puisque, très rapidement, j'ai su ce qui allait se passer pour Ali mais aussi et surtout pour son frère.

Je n'ai eu aucune surprise lorsque les évènements se produisent et que l'auteur nous dévoile ce qu'il en est pour lui.

Le fait de mélanger le passé et le présent dans un même chapitre ne me convient pas dans n'importe quel sorte de roman. Ici c'est encore plus terrible parce que, du coup, je n'avais plus ce stress que j'aurais dû avoir si je n'avais pas su à l'avance comment cela allait se terminer.

Ce roman a été lu dans le cadre du Book Club du Cercle organisé par les éditions Belfond le 4 mars dernier et malheureusement je n'ai pas pu y participer comme je l'aurais voulu. Je n'ai fait qu'une brève apparition dans la matinée alors que l'auteur n'était présent que l'après-midi.

Si vous êtes curieux de voir les échanges, n'hésitez pas à aller sur la page : lien du Book Club.

En ce qui me concerne, je suis sortie mitigée mais surtout très déçue de ma lecture parce que j'en attendais beaucoup plus du point de vue émotionnel.

Cela ne m'a pas forcément étonnée vu que ce n'est pas la première fois que je réagis sur des livres de ce genre. Cela me prouve surtout que ces histoires ne sont pas faites pour moi parce que je me blinde tellement avant de les commencer qu'au final je ne ressens rien, ou en tout cas je me refuse de ressentir quelque chose. Ce qui est encore plus terrible quand on lit tout ce par quoi Ali est passé : la perte de ses parents, dès le début, partir d'un pays en guerre et croire que toutes les villes du monde vivent dans les mêmes conditions...

Ali est un gamin attachant et son parcours pour arriver là où il en est aujourd'hui a été semé d'embûches que l'on s'imagine bien sûr mais que l'on ne voudrait jamais vivre.

Je suis donc le vilain petit canard sur ce titre qui fait l'unanimité.

Du coup, je ne peux que vous conseiller de vous faire votre propre avis dessus, comme je le fais systématiquement lorsqu'un ouvrage ne m'a pas donné ce que j'en attendais. N'oubliez jamais que les avis sont personnels et qu'en aucun cas le livre ne mérite pas d'être lu. Vous risqueriez de passer à côté d'une belle découverte.