mardi 12 décembre 2017

Le meurtre était écrit

Auteur : David Guidat
Editions : Evidence (octobre 2017)
Collection : Clair-Obscur
Nbre de pages : 300


Présentation de l'éditeur :
2016, en pleine primaire pour l'investiture à la Maison Blanche, le candidat favori, Douglas Barnes est assassiné dans sa villa de New York. On découvre que le meurtre a été filmé et publié sur les réseaux sociaux. Le tueur fait lire à sa victime une lettre de rédemption et dessine avec son sang le symbole hashtag suivi d'un numéro. Le premier d'une longue série ? L'enquête est confiée au lieutenant Alexandre Grayson qui fera de nombreuses découvertes sur les pratiques sexuelles de Barnes mais aussi sur sa famille et ses collaborateurs. Il devra également faire face au passé qui le rattrape. Faux semblants, secret d'alcôve, trahisons et mensonges, une enquête dans le milieu politique entre le Capitole et la Maison Blanche.





Mon avis :

"Le meurtre était écrit" est le premier roman de David Guidat que j'ai donc lu en format numérique la semaine dernière et qui a été une très bonne découverte.

Je ne referai pas de résumé vu que la présentation de l'éditeur est largement suffisante pour savoir dans quoi nous allons nous lancer avec ce titre.

Dans le prologue, l'auteur met en avant les réseaux sociaux et la façon dont nous les appréhendons. Il y aura, certes, une partie du roman qui sera consacrée à des films qui passeront sur internet mais l'auteur ne s'y attardent pas.

C'est un peu dommage mais cela n'enlève pas tout le reste qui est vraiment très bien mené de bout en bout du livre.

Alexandre, le personnage principal, est un homme que j'ai beaucoup aimé suivre et que l'auteur n'épargnera pas. Entre sa vie personnelle avec sa femme Julie qui part à vau l'eau et son métier de flic qui le met à mal, Alex aura vraiment de quoi faire, je peux vous l'assurer.

Le meurtre du favori républicain pendant la campagne présidentielle ne sera que le début d'une longue descente aux enfers pour tout ceux qui entouraient cet homme.

Si les flics comprennent assez vite qu'il y a un rapprochement à faire entre les meurtres, ils sont loin de se douter du pourquoi.

L'auteur instille des doutes au lecteur qui se posera les mêmes questions que les enquêteurs et même si j'ai trouvé qui se cachait derrière le tueur en série avant la fin, je dois quand même avouer que David Guidat m'a fort surprise avec certains autres personnages et cette faculté qu'il a de ne pas faire de demi-mesure avec les uns et les autres.

Vous n'allez pas être dans un roman policier où tout se finit bien. Loin de là. Et c'est ce qui m'a plu.

Même si certains passages (surtout sur la première moitié du roman) m'a fait un peu tiquer, grimacer et notamment dans certains dialogues entre la veuve du futur Président et son fils, Aaron, l'intrigue était tellement bien ficelée que j'ai fini par oublier ces menus détails et me consacrer vraiment à l'essentiel : ce meurtrier que l'on a bien du mal à cerner.

L'auteur va aussi montrer du doigts l'arrière cour de ces hommes politiques si bien présentés devant les caméras. Mais qu'en est-il réellement dans la vie privée ?

"Le meurtre était écrit" est un roman qui se lit assez vite avec une écriture accrocheuse et fluide. Il y a de l'action, des rebondissements et les chapitres sont courts ce qui donne une dynamique au récit que j'ai beaucoup apprécié.

Sachant que depuis quelque temps mon rythme de lecture est assez lent, et que je suis une lectrice exigeante, voir que j'avançais plutôt bien avec ce roman me donnait très envie de le continuer et me motivait encore plus pour le terminer rapidement. Surtout que tout était très bien écrit et mené pour être intéressant à suivre.

En bref, "Le meurtre était écrit" a été une très bonne découverte que je ne regrette pas d'avoir faite et que je vous conseille. N'oublions pas que c'est un premier roman et qu'il a ses petits défauts mais l'ensemble est très bien construit avec des révélations auxquelles je ne m'attendais pas. Mais ce qui est excellent c'est surtout cette faculté qu'à David Guidat de ne pas épargner ses personnages. Et là, je dois bien le dire, c'est jouissif. J'ai adoré que, pour une fois, un auteur aille au bout des choses avec Alexandre et les autres. En somme, je suis déjà prête pour lire son prochain roman et voir ce qu'il va nous proposer.

dimanche 10 décembre 2017

Ils vécurent heureux, eurent beaucoup d'enfants et puis...

Auteur : Michael Cunningham
Editions : 10/18 (novembre 2017)
Nbre de pages : 163


Présentation de l'éditeur :
On connaît la chanson : la Belle succombe au charme de la Bête, Hansel et Gretel échappent à la sorcière, le crapaud se change en prince sous le baiser de la princesse, et tous vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants. Et puis... les années passent. La Belle regrette-t-elle d'avoir épousé la Bête ? Que devient la sorcière, vieille et seule dans sa maison de pain d'épices ? Quelle est cette mélancolie qui tenaille la princesse ? Cette nostalgie d'un moment perdu qu'elle se rejoue encore et encore ; ce moment où, juste avant que ses lèvres ne se posent sur celles du crapaud, juste avant que la monstrueuse créature ne se transforme en prince charmant, tout était encore possible... 
Au carrefour de la fable et de la nouvelle contemporaine, Michael Cunningham signe dix petits contes cruels revisités avec un soupçon de cynisme et une bonne dose d'humour.


Mon avis :

Je ne suis pas friande de nouvelles et pourtant j'étais très curieuse de découvrir ces petites histoires écrites par un auteur que je ne connaissais pas.

Mon avis sera assez court sur ce roman qui fait tout juste 160 pages et que j'ai beaucoup aimé découvrir, sans en savoir trop dessus.

Ce que je peux vous dire le concernant, c'est que l'auteur m'a fait découvrir des histoires courtes bien sombres et cyniques que j'ai au final adorées.

Qui peut savoir comment les contes que nous avions connus enfant se terminent bien ? Seule l'imagination des enfants et ce que les adultes nous disaient à l'époque.

Mais est-ce finalement bien le cas ?

A travers diverses histoires/contes établies dans un contexte contemporain qui m'a fait délirer d'ivresse tant je ne m'y attendais pas, Michael Cunningham m'a véritablement bluffée par son écriture fluide et prenante et ce côté décalé de chaque conte qu'il se réapproprie.

Au détour de ce court recueil, vous retrouverez avec délice mais sans faste, l'histoire de ces onze frères transformés en cygnes, ou encore la vilaine sorcière de Hansel et Gretel mais également Blanche-Neige et son joli prince...

Il y en aura bien d'autres mais la découverte est beaucoup plus agréable à faire soi-même surtout que ces histoires vous démontreront à quel point nous pouvons être bafoué dans nos rêves d'enfant et de merveilleux.

Car la vie de ces princes et princesses, une fois l'histoire terminée, est-elle réellement idyllique comme on veut nous le faire croire ?

Michael Cunningham avec des textes courts mais très accrocheurs va mettre le lecteur dans un état d'hébétude inattendue.

J'ai accroché certaines histoires et moins à d'autres mais cela n'entache pas le potentiel de l'auteur quant à ces réécritures qui auraient mérité, à mon goût, plus de détails et de précisions pour être encore plus scotchantes.

En commençant ce petit livre, je ne savais pas à quoi m'attendre mais je n'ai pas été déçue et forcément, en cette période de Noël, je ne peux que vous le conseiller pour voir l'envers du décor qu'on ne nous dévoile pas...

lundi 4 décembre 2017

Waringham : La route de la Fortune (T1)

Auteur : Rebecca Gablé
Editions : HC Editions (Octobre 2017)
Nbre de pages : 460


Présentation de l'éditeur :
1360. Robert de Waringham n’a que douze ans lorsqu’il apprend que son père est mort en France, accusé de traîtrise envers la couronne d’Angleterre. La guerre – qui durera cent ans – ne fait que commencer et celui que l’on surnomme Robin se retrouve sans famille, sans aucune ressource et avec l’honneur de son nom à laver.
Il décide pourtant de retourner sur ses terres et de se faire engager comme garçon d’écurie, sous le joug du nouveau comte et de son fils. Robin grandit et suit sa voie qui le ramène vite dans le monde de la Cour, de la noblesse et de la chevalerie. Aux côtés du charismatique duc de Lancastre, il vit des campagnes militaires, des révoltes et des triomphes politiques.
Il rencontre aussi des femmes aussi dangereuses qu’elles sont belles. Mais la roue de la fortune ne s’arrête pas de tourner et tandis qu’un jeune roi incapable menace de faire sombrer l’Angleterre, Robin se bat pour rester fidèle à ses valeurs et à son nom.


Mon avis :

Voilà un roman qui va ravir les féru(e)s d'Histoire et plus précisément d'Histoire d'Angleterre avec une intrigue qui se déroule de l'autre côté de la Manche et que j'ai adoré découvrir au point que je dégustais chaque chapitre que je lisais.

Alors oui, j'ai encore mis une semaine pour le finir mais ce n'était pas pour m'en déplaire. Bien au contraire.

Attirée par l'histoire de Robert de Waringham (Robin) que l'on découvre très jeune au début du roman puisqu'il n'a que 12 ans lorsque son père meurt, emprisonné car accusé de traîtrise à la couronne d'Angleterre, on va le suivre pendant près de 40 ans avec tout ce cela augure d'intrigues et de complots.

Pour ceux et celles qui ont lu notamment du Philippa Gregory, vous retrouverez ici le côté historique qui m'avait tellement plu dans les romans de cette auteure. Mais, j'ai trouvé cette lecture beaucoup plus fluide et facile pour ceux/celles qui ne connaissent pas l'Histoire de la couronne d'Angleterre et tous les enjeux qui étaient de mise.

Le début du roman se passe pendant la guerre de Cent Ans et honnêtement, si vous êtes accro aux romans historiques complets mais simples dans la compréhension des liens entre les uns et les autres, cette saga devrait vous ravir.

J'ai adoré suivre Robert de Waringham et le voir s'élever petit à petit grâce à sa force de caractère mais également son abnégation. C'est un homme de valeur qui soutiendra le Duc de Lancastre malgré tout ce qui lui arrivera de fâcheux.

Son existence sera loin d'être un long fleuve tranquille et bon nombre de fois j'ai tremblé pour lui, ses amis et sa descendance.

J'ai adoré les liens qui unissent chaque membre des Waringham et cette particularité que porte Robert et ses enfants... Je n'en dirai pas plus pour ne pas vous gâcher le plaisir de la découverte. Mais cela laisse présager bon nombre de difficultés à venir...

J'ai aussi détesté le rival de Robert de Waringham : Mortimer Dermond...

Entre l'un et l'autre, tout le long du roman, on va angoisser pour Robin et vouloir assassiner de notre propre main ce Mortimer si haïssable par son comportement et ce depuis sa jeunesse. En devenant adulte, il sera loin de s'arranger... Pauvre de lui...

Alors autant vous dire que lorsque Mortimer était présent, je n'étais pas du tout rassurée et je me demandais bien ce qu'il allait organiser pour mettre à mal mon cher Robin. Et je me disais : "mais personne ne va lui régler son compte à ce mec ?!"

Cette lecture a été vraiment prenante et passionnante. A aucun moment, je n'avais envie de quitter les personnages, les intrigues qui se tissent au fur et à mesure que les personnages prennent de l'âge et de l'importance auprès des Ducs, Comtes et du Roi.

Vers le milieu du roman on commence aussi à voir apparaître une petite discorde sur la légitimité du roi quant à gouverner le royaume d'Angleterre et vu la fin j'ai vraiment hâte que la suite soit publiée en France.

Je m'étais régalée à découvrir l'Histoire de ce pays à travers les romans de Philippa Gregory qui sont quand même beaucoup plus complexes à suivre tant il y a de noms à retenir entre les deux familles qui se combattent pour être à la tête du pays.

Mais avec la saga de Rebecca Gablé, vous ne serez pas du tout perdu parce qu'elle a une plume très simple, très fluide qui j'ai adorée. Tout est parfaitement compréhensible et abordable pour les lecteurs qui ne connaissent pas l'Histoire d'Angleterre à cette époque. C'est une excellente série à commencer pour faire la connaissance de personnages auxquels je me suis très vite attachée et que j'ai eu bien du mal à quitter.

Je ne sais pas du tout à quel moment la suite va être publiée mais j'espère que cela ne sera pas dans trop longtemps. J'ai été imprégnée par une ambiance moyenâgeuse que je n'avais pas envie de quitter et fermer ce premier tome a été une satisfaction d'avoir passé un excellent moment de découverte et une déception de ne pas avoir la suite.

En bref, si vous avez un roman historique à vous offrir en cette fin d'année, c'est bien Waringham. Il est parfait et très complet, tout en étant simple à suivre. Excellent !

jeudi 30 novembre 2017

Stasi Child

Auteur : David Young
Editions : 10/18 (octobre 2017)
Nbre de pages : 456


Présentation de l'éditeur :
Berlin-Est, hiver 1975. Le lieutenant Karin Müller est dépêchée près du Mur pour examiner le corps d'une adolescente, abattue alors qu'elle tentait certainement de passer à l'Ouest. Fait tristement ordinaire. Mais la scène de crime dévoile rapidement un tout autre scénario. Pourquoi la victime fuyait-elle vers l'est du pays ? Que cache le centre de redressement où elle résidait ? Et que cherche la Stasi, qui, étrangement, chapeaute l'enquête ? Malgré les ordres de ses supérieurs d'étouffer l'affaire, prise en étau entre sa loyauté au régime et le naufrage de sa vie privée, la policière poursuit son investigation. Mais sous le joug paranoïaque de la guerre froide, rien n'est plus dangereux que de poser des questions.


Mon avis :

Ce roman avait tout pour me plaire avec notamment un contexte historique difficile que je n'ai jamais lu et qui pourtant m'interpelle : le berlin de l'après guerre coupé en deux blocs. C'est un thème compliqué avec tout ce que cela implique de complots et d'existences brisées en un rien de temps.

David Young a placé une intrigue policière dans un Berlin fracturé par le mur dont il faudra attendre 1989 pour le voir démantelé. Entre temps, avec un meurtre commis à la frontière entre Berlin-Est et Berlin-Ouest, l'auteur nous dévoile ce que c'était de vivre dans cette partie du monde communiste de 1975.

Cela va être compliqué de vous parler de ce roman sans trop en dire et je trouve le résumé de l'éditeur suffisamment complet pour ne pas en dire plus.

Lorsque vous allez suivre Karin et son sous-lieutenant Werner mener cette enquête sur le corps d'une adolescente totalement défigurée, vous allez être loin de vous imaginer ce que cela sous-entend des drames que cette jeune fille a pu endurer.

Car l'enquête est pour moi un prétexte à mettre à jour les horreurs qui ont perduré dans un Berlin-Est que de nombreux d'allemands voulaient quitter pour passer à l'Ouest.

Karin et Werner font partie de la Kripo, la brigade criminelle. Mais Karin mènera cette enquête à la demande d'un membre de la Stasi (ou Ministère de la Sécurité d'Etat) qui possède un réseau d'espions.

Ce roman va dévoiler les méthodes très spéciales de cette organisation qui n'ont été connues qu'après la chute du mur de Berlin.

On verra aussi les difficultés qu'aura Karin dans son enquête parce que si la Stasi met son nez dedans c'est qu'il y a forcément des ramifications politiques derrière.

Parallèlement à cette enquête pour savoir qui est cette jeune fille et comment elle s'est retrouvée dans une situation l'ayant menée à sa mort, on va également suivre le récit d'Irma qui est à la maison de correction de Prora Ost, sur l'île de Rüngen, neuf mois avant le drame.

Le compte à rebours est en marche et entraîne un récit touchant mais surtout révoltant.

Je me suis très vite attachée à cette jeune fille qui n'est là que parce que sa mère a été arrêtée parce qu'elle gênait et que cette adolescente refusait de suivre les ordres donnés dans le foyer où elle était placée.

A l'époque, à Berlin-Est, la Stasi faisait la loi mais également le grand ménage...

Karin va devoir user de beaucoup de stratèges pour mener à bien cette enquête qui gêne au plus haut niveau.

J'ai beaucoup aimé la suivre tant dans sa vie de lieutenant que dans sa vie personnelle qui va prendre un tournant auquel on ne s'attend absolument pas, même si on sent que son couple est en difficulté.

La fin m'a ébranlée et autant vous dire que je suis déjà au taquet pour lire la suite, Stasi Block, que j'ai déjà dans ma PAL.

L'écriture de David Young est tellement prenante, fluide et simple à suivre que les pages se tournent d'elles-même.

Si l'intrigue est sympa à suivre c'est vraiment le contexte historique qui m'a marquée et tout ce que cela entraine dans la vie des allemands de cette ville de Berlin coupée en deux.

J'ai vraiment beaucoup aimé cette lecture surtout que les explications que donne l'auteur sur la situation politique et les enjeux que cela entraîne sont très claires. C'est une période compliquée que j'avais du mal à saisir mais avec ce roman tout coulait de source.

Je n'ai plus qu'une envie retrouver Karin et voir ce qu'il va se passer dans le prochain tome qui met en avant une femme pleine de mérite par sa combativité face à des géants politiques qu'elle compte bien neutraliser.

mercredi 29 novembre 2017

Une vie exemplaire

Auteur : Jacob M. Appel
Editions : La Martinière (octobre 2017)
Nbre de pages : 285


Présentation de l'éditeur :
Jeune cardiologue éminent, père de deux adorables petites filles, le docteur Jeremy Balint est un homme qui a réussi sa vie. D'autres que lui, apprenant que leur femme dévouée les trompe depuis des années avec un collègue, se laisseraient emporter par la rage.
Pas Jeremy Balint.
Jeremy Balint va prendre son temps, car Jeremy Balint est un sociopathe. Avec méthode et patience, il va organiser l'élimination de son rival.
Et ce n'est que le début.
De nombreux romans mettent en scène des psychopathes, mais jamais un écrivain n'était parvenu à nous plonger avec autant d'acuité dans les arcanes de leur esprit. Jeremy Balint ne nous cache rien. Ne nous épargne rien. Il ne voit tout simplement pas le mal comme nous.


Mon avis :

J'ai terminé ce roman, il y a à peu près une semaine. Sa lecture a été simple, fluide mais je ne peux pas dire que j'en suis sortie réjouie. Je ne peux pas dire non plus qu'il ne m'ait pas plu puisque je l'ai lu assez rapidement. Pourtant, il lui manque cruellement une bonne dose de stress que j'attends avec un thriller.

Le problème avec ce roman va surtout venir du fait que la comparaison avec le fameux Dexter ne joue pas en sa faveur.

Je n'ai jamais lu Dexter ni vu la série d'ailleurs. Mais j'en ai entendu parler et voir un peu ce que pouvait donner un sociopathe parfaitement bien placé dans la société me tentait beaucoup.

J'ai donc découvert Jérémy Balint, cardiologue réputé dans son hôpital, 34 ans et marié à une femme qu'il aime par dessus tout. Ensemble, ils ont deux filles qui font la joie de cet homme.

L'ombre à ce tableau merveilleux va être l'infidélité de sa femme qu'il va découvrir inopinément et alors même qu'elle avait refusé un dîner chez ses beaux-parents. A partir de ce moment là, Jérémy va orchestrer sa vengeance en tuant l'amant maudit, risquant de détruire tout ce que Jérémy a construit pendant des années.

On s'attend donc à un ouvrage où le sang, le meurtre de sang froid vont être le fondement le plus important et voir que cet homme agit sans émotion aucune.

J'ai été hyper surprise de me rendre compte qu'en fait l'auteur ne va pas seulement fomenter ce meurtre tant espérer par Jérémy. Cela va être beaucoup plus calculer puisque notre homme va d'abord tuer d'autres personnes innocentes avant de s'en prendre à la bonne personne. Le but est de faire croire à la police qu'un serial killer sévit à n'importe endroit des Etats-Unis.

Si l'orchestration est intéressante et démontre effectivement que Jérémy est loin d'avoir des remords dans les meurtres qu'il commet, on peut aussi regretter que l'ensemble manque quand même de crédibilité.

Je ne pourrai pas développer ici sous peine de vous spolier et même si je n'ai pas regretté ma lecture, je me suis dit que Jacob M. Appel aurait pu faire un autre roman beaucoup plus prenant pour mettre en avant la nature de ces sociopathes dénués d'empathie.

D'ailleurs, je ne suis pas vraiment d'accord sur le fait que Jérémy soit un réel sociopathe mais il vous faudra le lire pour comprendre pourquoi.

En fait, j'ai lu ce roman sans vraiment ressentir quoi que ce soit du début à la fin. Je suis restée très extérieure à l'histoire en voulant quand même savoir ce qui allait arriver, si Jérémy allait être inquiété par la police à force de tuer sans vergogne...

Une chose est sûre la fin ne m'a pas convaincue, ni vraiment l'ensemble du roman.

Par ailleurs, l'écriture est un peu terne et manque de pep's pour donner un allant au lecteur. Même si je suis allée jusqu'au bout de ce roman en peu de temps, il me tardait quand même de le terminer pour passer à une intrigue beaucoup plus prenante et inquiétante. Ici, malheureusement, je n'ai rien ressenti.

lundi 27 novembre 2017

Sharko

Auteur : Franck Thilliez
Editions : Fleuve Noir (2017)
Nbre de pages : 570


Présentation de l'éditeur :
Eux, c'est Lucie Henebelle et Franck Sharko, flics aux 36 quai des Orfèvres, unis à la ville comme à la scène, parents de deux petits garçons. 
Lucie n'a pas eu le choix : en dehors de toute procédure légale, dans une cave perdue en banlieue sud de Paris, elle a tué un homme. Que Franck ignore pourquoi elle se trouvait là à ce moment précis importe peu : pour protéger Lucie, il a maquillé la scène de crime. Une scène désormais digne d'être confiée au 36, car l'homme abattu n'avait semble-t-il rien d'un citoyen ordinaire et il a fallu lui inventer une mort à sa mesure. 
Lucie, Franck et leur équipe vont donc récupérer l'enquête et s'enfoncer dans les brumes de plus en plus épaisses de la noirceur humaine. Cette enquête autour du meurtre qu'à deux ils ont commis pourrait bien sonner le glas de leur intégrité, de leur équilibre, et souffler comme un château de cartes le fragile édifice qu'ils s'étaient efforcés de bâtir.


Mon avis :

Et voilà le dernier Franck Thilliez est passé à la trappe et je ne sais pas pourquoi mais avec ce titre, j'ai eu un peu plus de mal qu'avec les précédents.

Alors que d'habitude je dévore les romans de cet auteur, ici il m'aura fallu près d'une semaine pour en venir à bout.

Pourtant, l'histoire est intéressante et lorsque je continuais ma lecture je n'étais pas exaspérée ou ennuyée parce qu'il se passe beaucoup de choses encore bien sombres, mais allez savoir pourquoi je n'avais pas cet allant habituel.

A mon avis, je saturais peut-être des thrillers et encore que celui que je lis actuellement ("Stasi Child") est hyper intéressant et se dévore.

Avec Sharko, on va voir le côté sombre de notre cher flic adoré. Si vous n'avez pas lu encore cet auteur, je dirai que c'est déjà une grosse erreur. Et si vous le connaissez, je vous dirai qu'il faut quand même avoir lu les tomes précédents et si possible les premiers ("Train d'enfer pour ange rouge" et "Deuils de miel" et tutti quanti) avant de lire ce titre là parce que les réactions de Franck sont en rapport avec son passé et l'évolution qui se passe dans sa vie depuis 10 ans que Franck Thilliez a créé son personnage.

En tout cas, le couple est très solide malgré le bazar qu'a mis Lucie en tuant un homme involontairement et l'enquête qui va se dérouler va être pour le moins truffée de mensonges...

On va aussi continuer à découvrir Nicolas Bellanger et j'ai beaucoup aimé voir cet homme tenter de remettre les choses dans l'ordre malgré tout ce que cela implique. Je ne pourrai pas vous expliquer en détails ce qu'il se passe avec lui parce que cela vous spolierez les tomes précédents dans lequel on voit un pan de sa vie se briser. C'est un personnage que j'aime beaucoup et j'ai hâte de le retrouver.

Quant à Lucie, celle par qui tout arrive, c'est une femme qui cette fois-ci ne m'a pas vraiment touchée. Je l'ai même détestée pour avoir mis Sharko dans une telle situation. Qu'est-ce qu'il ne ferait pas pour cette femme ?! 

Alors oui j'ai mis près d'une semaine pour le finir. J'avais quand même du mal à me décider à le reprendre quand je le posais mais ma lecture était fluide et plutôt agréable et rapide quand je l'avançais.

J'aime toujours autant les personnages et la plume de l'auteur et encore une fois Franck Thilliez nous plonge dans l'abîme de l'âme humaine.

Je ne vous dirai pas quels thèmes sont abordés ici parce que cela serait vous gâcher votre plaisir de la découverte mais quoi qu'il en soit, lorsque Lucie tue cet homme, on est loin de se douter de ce qui se cache derrière.

Maintenant, il ne me reste plus qu'à patienter le prochain Thilliez pour le déguster une nouvelle fois. C'est un cadeau que me fait mon mari chaque année et chaque année je ne suis pas déçue. Franck Thilliez est un de mes auteurs chouchous que je ne suis pas prête d'arrêter de lire tant ses ouvrages me comblent, même si j'en trouve certains meilleurs que d'autres.

dimanche 26 novembre 2017

Amélia, un coeur en exil

Auteur : Marie-Bernadette Dupuy
Editeur : Calmann-Levy (novembre 2017)
Nbre de pages : 217


Présentation de l'éditeur :
Vienne, 1888. Inconsolable de la mort brutale de son fiancé, la baronne Amélia von Fairlik, demoiselle de compagnie à la cour impériale, a décidé de se retirer au couvent. Mais quand elle découvre qu’elle est enceinte, elle ne voit pas d’autre issue que de se laisser mourir pour échapper à l’infamie. La visite impromptue de l’impératrice Sissi la détourne de ce sinistre projet. Pleine de compassion, celle-ci la convainc de se rendre en France pour trouver refuge et consolation chez un couple de sa connaissance, le marquis et la marquise de Latour, riches propriétaires viticoles en Charente.La future mère est accueillie par ses hôtes avec la plus exquise bonté. La marquise la traite comme sa soeur et le très séduisant marquis la comble de prévenances. Au point qu’Amélia finit par s’interroger sur leurs mobiles véritables…


Mon avis :

Voilà mon second roman de l'auteur et je n'ai pas été déçue, encore une fois. Cette lecture a été prenante et très agréable au point que je prenais mon temps pour le déguster comme il le mérite. Je n'avais pas envie de quitter Amélia parce que c'est un personnage très touchant.

Dès le début, on découvre une Amélia prise dans des tourments dus au décès brutal de son fiancé, des suites d'une crise cardiaque. Amélia a 20 ans et a commis le pêché de chair, ne pensant pas forcément que cela entraînerait des conséquences facheuses puisque son mariage était prévu quelques semaines plus tard.

Mais lorsque Amélia se rend compte qu'elle est enceinte, sa situation devient plus compliquée et grâce à l'intervention de Sissi, elle va pouvoir mener à bien cette grossesse qu'elle refuse, dans un premier temps.

Le personnage d'Amélia va évoluer durant les 200 pages et si le roman est trop court à mon goût parce que je m'y sentais tellement bien dedans, tout est bien retranscrit : le mal-être d'Amélia, les bonnes volontés de ce couple qui l'accueille chez eux mais aussi cette suspicion que va avoir le lecteur, tout comme Amélia, sur les réelles intentions du marquis et de sa femme.

Très vite, j'ai compris ce qu'il allait se passer et pourtant l'auteur a su m'étonner à un moment donné.

Les émotions par lesquelles passent Amélia sont aussi très bien rendues mais petit à petit je me suis dit que je verrai bien la fin de telle manière.

Il n'y a pas vraiment de réelle surprise avec ce roman mais j'ai passé un très bon moment et j'ai regretté de l'avoir lu rapidement, même si je l'ai traîné pendant près de 2 jours. C'était le maximum que je pouvais faire sur un livre aussi court et c'était bien dommage.

Sissi, Impératrice d'Autriche et Reine de Hongrie
J'ai adoré les passages où Elizabeth d'Autriche apparaît. Forcément, on ne peut que s'imaginer en face de Romy Schneider qui a magistralement rendu ce personnage attachant aux yeux du public. Mais on a affaire à une Sissi qui a perdu bon nombre des membres de sa famille. Nous sommes en 1888 et cette femme de courage, de bienveillance et de caractère m'a encore une fois énormément touchée.

C'est aussi pour cette raison que j'aurais aimé que l'ouvrage de Marie-Bernadette Dupuy soit plus long : pour me permettre non seulement de rester un peu plus avec Amélia et d'étoffer tout ce qui lui arrive mais également pour voir davantage Sissi.

Mais je chipote vraiment parce que malgré ses 200 pages, le roman est complet et se lit agréablement.

On s'attache à chaque passage, à chaque personnage et on le ferme avec une pointe au coeur parce que c'est déjà terminé mais également ce petit bonheur d'avoir lu une histoire qui ne nous quittera pas de si tôt.

Alors si vous êtes comme moi et que vous aimez non seulement les belles histoires dans un cadre historique avec un personnage adoré par le plus grand nombre, n'hésitez pas à vous laisser tenter par ce roman qui saura vous ravir en cette période de pré-fêtes de fin d'année. J'ai vraiment adoré cette découverte et je n'ai plus qu'à vous souhaiter une très bonne lecture avec Amélia et Sissi.